- L’écrivain a déclaré qu’il était « seulement français désormais » lors d’un débat ce jeudi à Paris.
- Algérien de naissance, l’auteur de 76 ans avait obtenu la nationalité française en juin 2024.
- Il avait été arrêté à son arrivée à Alger en provenance de Paris en novembre 2024, avant d’être emprisonné puis libéré près d’un an plus tard.
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L’écrivain Boualem Sansal libéré après un an de prison en Algérie
Citoyen français, et rien d’autre. Lors d’un débat avec la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse dans un lycée du 9e arrondissement à Paris, ce jeudi 5 février, l’écrivain Boualem Sansal, 76 ans, a annoncé qu’il venait d’être « déchu de la nationalité algérienne »
, révèle Le Figaro
. « Je l’ignorais »
, s’est étonnée l’ancienne candidate à l’élection présidentielle. « Il y a encore sans doute quelques formalités en cours, mais en effet, je suis seulement français désormais »
, a ajouté son interlocuteur.
Ex-enseignant et haut fonctionnaire né en Algérie en 1949 d’un père marocain et d’une mère algérienne, Boualem Sansal a débuté sa carrière d’écrivain à la fin des années 1990 en publiant Le Serment des Barbares
, chronique des années noires de la guerre civile. Récompensé en 2018 par le Grand Prix du roman de l’Académie française pour 2084 : la fin du monde
, il a régulièrement profité de sa liberté de parole dans l’Hexagone pour critiquer ouvertement le pouvoir algérien.
Bientôt à l’Académie française
Le 16 novembre 2024, quelques mois après avoir obtenu la nationalité française, il est arrêté et incarcéré à sa descente d’avion, à Alger. Le 27 mars 2025, il sera condamné à cinq ans de prison ferme et à une amende de 500.000 dinars pour avoir contesté les frontières actuelles de l’Algérie avec le Maroc dans le média d’extrême-droite Frontières
. Il sera finalement gracié par le président Tebboune le 12 novembre, après une médiation de l’Allemagne.
Dans la promotion du 1ᵉʳ janvier de la Légion d’honneur, Boualem Sansal a été facilement élu à l’Académie française il y a quelques jours par les membres de la prestigieuse institution de défense de la langue française, dès le premier tour, avec 25 voix « pour » et un bulletin blanc pour 26 votants. Il prendra, à une date encore indéterminée, le fauteuil laissé vacant par l’avocat et historien Jean-Denis Bredin, décédé en 2021.










