Le festival le Printemps des poètes, qui organise pour la 28e année, du 9 au 31 mars, la plus importante manifestation consacrée à la poésie dans l’Hexagone, avec un record absolu de 19 000 événements, selon son président, Emmanuel Hoog, a rendu hommage à la scène contemporaine iranienne jeudi 19 mars, au Théâtre du Chatelet, à Paris. En partenariat avec Reporters sans frontières, « Dire le monde iranien » a permis d’entendre des lectures de poèmes – en farsi puis en français – de Mahtab Ghorbani qui a été emprisonnée dans son pays avant de s’exiler en France. Ses œuvres sont toujours interdites en Iran. « Dans quel cimetière allez-vous m’enterrer ? Tous les cimetières sont trop petits pour moi », écrit-elle dans son recueil Aucune main n’exécutera notre liberté (édité chez Maelström reEvolution, 60 pages, 8 euros).
Grande spécialiste de poésie persane, Leili Anvar, docteure en littérature persane qu’elle enseigne à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), a rappelé que « les Iraniens connaissent tous des vers de poésie et qu’en Iran les tombeaux des poètes sont bien plus beaux que ceux des rois ». Persuadée que les poètes sont les miroirs de nos consciences et voient très tôt l’avenir qui se dessine, elle a lu J’ai pitié du jardin, de la poétesse Forough Farrokhzad (1935-1967), issue du recueil J’irai jusqu’au rivage du soleil (Nouvelle Revue française-Poésie/Gallimard, 432 pages, 10,40 euros). Une métaphore des turpitudes actuelles de la guerre d’autant plus surprenante que les œuvres sulfureuses de cette icône de Téhéran parlaient bien davantage de désir et de liberté que de questions politiques ou religieuses.
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