Alors que la campagne électorale pour les élections municipales bat son plein, le monde associatif est à nouveau sous pression. Les éventuelles prises de position politiques par des acteurs associatifs sont en effet de moins en moins tolérées par les élus, comme le met en exergue le dernier rapport de l’Observatoire des libertés associatives, publié jeudi 12 février et intitulé « Neutraliser le monde associatif : enquête sur une injonction à la dépolitisation ».
Dernier exemple en date, le week-end dernier, la passe d’armes qui a opposé Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie de Lyon, et deux associations locales, Action Justice Climat Lyon (ex-Alternatiba Rhône) et Locataires Ensemble. L’équipe de campagne de M. Aulas a accusé ces deux structures d’avoir perçu des « dizaines de milliers d’euros » qui seraient aujourd’hui détournés pour une utilisation illégale à des fins électorales, allant jusqu’à les qualifier de « caisse noire politique aux exécutifs écologistes sortants » à la mairie et à la métropole.
Des accusations qualifiées de « graves », « infondées » et « diffamatoires », lundi 9 février, dans un communiqué des deux associations mises en cause. Action Justice Climat Lyon détaille les subventions municipales reçues ces trois dernières années, d’un montant de 9 000 euros − sur un budget annuel de 100 000 euros − et Locataires Ensemble assure n’avoir reçu aucune subvention publique. « Face à la gravité de ces accusations, nous étudions nos possibilités de riposte juridique, menacent-elles. En attendant, nous mettons solennellement au défi Cœur Lyonnais [le nom de la liste de M. Aulas] d’aller au bout de leurs menaces et de saisir la justice. »
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