Les Etats-Unis ont annoncé, dans un communiqué paru vendredi 29 août, refuser l’octroi de visas à des membres de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de libération de la Palestine avant l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies prévue en septembre, où la France plaidera pour la reconnaissance d’un Etat palestinien.
Cette mesure extraordinaire rapproche encore plus l’administration Trump du gouvernement israélien, qui rejette catégoriquement l’idée d’un Etat palestinien et cherche à mettre sur le même pied l’Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie, et le Hamas à Gaza. Gideon Saar, le ministre des affaires étrangères israélien, a remercié l’administration Trump sur X pour « cette étape courageuse » et pour « soutenir Israël une nouvelle fois ».
« L’administration Trump a été claire : il est dans l’intérêt de notre sécurité nationale de tenir l’Organisation de libération de la Palestine et l’Autorité palestinienne pour responsables de ne pas respecter leurs engagements et de compromettre les perspectives de paix », fait savoir la diplomatie américaine qui accuse les Palestiniens de se servir de la justice à des fins illégitimes en se tournant vers la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice pour résoudre leurs contentieux avec Israël.
L’Autorité palestinienne a en retour exprimé « son profond regret et son étonnement » face à cette décision qui est « en contradiction avec le droit international », et a appelé Washington à « revenir » dessus. Pour le secrétariat d’Etat, l’Autorité palestinienne doit mettre fin aux « tentatives pour contourner les négociations à travers des guerres judiciaires internationales » et aux « efforts pour obtenir la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien », selon le communiqué.
Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré de son côté qu’il était « important » que tous les Etats et les observateurs permanents, y compris les Palestiniens, soient représentés lors d’un sommet prévu la veille du début de l’Assemblée générale. « Nous espérons évidemment que cela sera résolu ».
En 1988, Yasser Arafat sans visa pour entrer aux Etats-Unis
Les Etats-Unis ne sont pas censés refuser des visas aux fonctionnaires se rendant à l’ONU, dont le siège est à New York, en vertu d’un accord que le département d’Etat assure respecter en autorisant la mission palestinienne auprès des Nations unies. Le département d’Etat n’a pas précisé si la mesure annoncée vendredi s’appliquait à tous les responsables palestiniens. Son porte-parole a déclaré que les Etats-Unis « restaient ouverts à une reprise des contacts si l’Autorité palestinienne et l’Organisation de libération de la Palestine prenaient des mesures concrètes pour revenir à une discussion constructive ».
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, doit participer à la 80e Assemblée générale de l’ONU, qui se tiendra du 9 au 23 septembre, selon Riyad Mansour, ambassadeur palestinien auprès des Nations unies. « Nous verrons ce que cela implique exactement et comment cela s’applique à nos délégations, puis nous répondrons en conséquence », a dit M. Mansour à la presse.
En 1988, Yasser Arafat, chef de l’Organisation de libération de la Palestine, avait prononcé un discours lors d’une session spéciale de l’Assemblée générale réunie à Genève plutôt que New York, après un refus des Etats-Unis de le laisser entrer sur leur territoire. Plus récemment, en 2013, les Etats-Unis avaient refusé un visa à Omar Al-Bachir, alors président du Soudan, qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide dans le conflit du Darfour. Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, fait aussi l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la CPI.
Donald Trump prévoit d’assister à l’Assemblée générale de septembre, où il prononcera l’un des premiers discours. Son administration a nettement limité les relations avec les Nations unies et d’autres organisations internationales. Fin juillet, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait reconnaître l’Etat de Palestine à l’Assemblée générale de l’ONU. Dans la foulée, plus d’une dizaine de pays occidentaux ont appelé d’autres pays du monde à faire de même.