Cent trente-neuf jours, 5 heures et 52 minutes plus tard, les frères MacLean ont atteint leur objectif et ont été accueillis comme il se doit, au son des cornemuses. Samedi 30 août, les trois rameurs Ecossais ont terminé leur périple entre Lima, au Pérou, et Cairns, en Australie, pour signer la traversée de l’océan Pacifique sans escale, sans assistance et uniquement à la force humaine la plus rapide de l’histoire. A bord de leur dériveur en carbone, Ewan, Jamie et Lachlan ont battu le record détenu par le Russe Fyodor Konyukhov en 2014 (160 jours).
Si les trois frères n’ont reçu aucune aide extérieure pendant près de cinq mois, ils n’ont pas véritablement passé leur voyage seuls. Leur compteur d’abonnés sur Instagram n’a cessé de gonfler au fil des jours, culminant à 167 000 curieux à la fin de la traversée. Grâce aux vidéos qu’ils publiaient chaque jour, leurs abonnés ont pu y voir les difficultés en tous genres qu’ont dû traverser ces Ecossais hauts en couleur, et apprendre la bonne nouvelle, samedi : « Nous sommes enchantés d’être de retour sur terre, et de retrouver famille et amis », se sont-ils exclamés, les visages camouflés par d’imposantes barbes et moustaches – le rasage du matin n’ayant pas été la priorité du voyage.
Eux ne rêvent plus que d’« une douche », d’« une pizza » et d’« une bière ». Un luxe qu’ils n’ont pas connu pendant de longues semaines, alors que leurs réserves de nourriture lyophilisée fondaient dangereusement, les obligeant à se rationner à la fin de leur voyage. Il leur restait toujours la solution de la canne à pêche en cas d’urgence, voire une réserve de rations militaires, mais cette perspective ne les emballait guère. « Nous ne voulions pas les utiliser. Elles étaient là pour une urgence, elles n’ont pas très bon goût ! », avait déclaré Lachlan, mi-amusé, mi-dégoûté, à la BBC.
Près de 1 million d’euros récoltés
Leurs 14 500 kilomètres à la rame n’ont pas été tranquilles du tout. La fratrie a même dû allonger l’itinéraire prévu pour éviter les caprices de la météo. Après une première partie sans histoire – mais pas sans vidéos Instagram –, les trois frères ont été confrontés à des tempêtes, dont l’une a emporté Lachlan par-dessus bord alors qu’il essayait de rentrer dans la cabine. Attaché à une ligne de sécurité, il a pu remonter à bord avec l’aide de l’un de ses frères, malgré des vents dépassant 60 kilomètres à l’heure.
« C’est la chose la plus difficile que j’ai jamais faite, et je n’aurais même pas pu l’envisager sans mes frères, a déclaré Ewan à l’arrivée. Il y a eu d’innombrables revers à surmonter, certains nous ont laissés perdus, mais nous nous sommes toujours soutenus les uns les autres. Nous avons parfois pleuré de tristesse et de peur, mais notre moral a été remonté, à maintes reprises, par le soutien de tant de personnes qui se sont ralliées à nous. »
Outre la performance sportive, Ewan, Jamie et Lachlan, tous trois originaires d’Edimbourg, ont profité de leur expédition pour tenter de lever 1 million de livres sterling (environ 1,15 million d’euros) afin de financer des projets d’accès à l’eau potable à Madagascar pour 40 000 personnes. Samedi, ils venaient de dépasser 800 000 livres (924 000 euros) alors que les dons affluaient encore toutes les minutes.