- L’Agence de la biomédecine a dressé un bilan encourageant des greffes d’organes, qui ont atteint un niveau jamais vu en 2025.
- Pour autant, « cela ne suffit pas » face aux besoins, notamment en ce qui concerne les greffes rénales.
- L’instance s’inquiète en particulier de l’opposition croissante au don de familles de défunts, en raison notamment de la désinformation.
Un bilan en demi-teinte. La France a réalisé un record de greffes d’organes (nouvelle fenêtre) en 2025, a annoncé jeudi 19 février l’Agence de la biomédecine, tout en s’alarmant des refus toujours croissants de familles de défunts, souvent liés à la désinformation, et d’une fracture générationnelle.
Troisième pays au monde pour les greffes derrière l’Espagne et les Pays-Bas, la France a réalisé l’année dernière 6.148 transplantations, soit 95 greffes de plus qu’en 2024. Un niveau dépassant de 27 greffes le précédent record, atteint en 2017. « Bonne nouvelle : on n’a jamais autant greffé »
, a réagi Marine Jeantet, directrice générale de l’Agence de la biomédecine, lors d’une conférence de presse. Pour autant, « cela ne suffit pas »
face aux besoins, a-t-elle alerté.
Des greffes rénales en hausse… mais près de 23.300 patients encore en attente
Pour cause, la progression s’est ralentie et les résultats sont dans la fourchette basse des trajectoires du plan ministériel 2022-2026. Par exemple, le rein reste de loin le plus greffé (nouvelle fenêtre), devant le foie, le cœur, les poumons ou encore le pancréas. Mais la part des greffes rénales sur donneur vivant plafonne et reste loin des objectifs.
En 2025, le cap des 600 greffes rénales avec donneurs vivants a été dépassé. Il y a notamment eu huit greffes issues de dons croisés pour des patients dont le donneur n’était pas compatible avec eux mais avec un autre malade, « une grosse organisation qui a alimenté un ballet aérien »
, selon le directeur du prélèvement, Benoît Averland. Pour autant, au global, 23.294 patients restent en attente de greffe, dont 11.642 immédiatement appelables vu l’urgence de leur situation. Et 966 malades sont décédés en 2025 faute de greffon, sensiblement plus qu’en 2024.
Des refus en hausse « après des pics de circulation de fake news »
Par ailleurs, l’agence a déploré que les familles de défunts refusent de plus en plus les dons d’organes (nouvelle fenêtre). La loi prévoit que chacun est donneur d’organes à sa mort, sauf refus exprimé de son vivant, en s’inscrivant sur le registre des refus ou en informant ses proches. Si la personne décédée n’était pas dans le registre, les équipes médicales s’assurent auprès des proches qu’elle n’avait pas exprimé une opposition. S’ils ont un doute, les proches peuvent s’opposer au don.
L’agence a ainsi souligné qu’en France, les greffes se heurtent à une opposition croissante au don de proches de personnes en mort encéphalique, au niveau inédit de 37,1%, un chiffre très variable selon les régions. « Les inscriptions au registre national des refus ont encore augmenté en 2025, généralement après des pics de
circulation de
fake news
(nouvelle fenêtre)«
, comme des prélèvements sur des personnes non décédées, a déploré Benoît Averland.
En outre, « l’engagement des 18-25 ans recule, sans doute lié à des idées fausses sur les réseaux sociaux : il faut leur redonner confiance »
, a insisté de son côté Marine Jeantet. Pour faire face à ces difficultés, l’agence de la biomédecine entend orchestrer « une mobilisation générale »
autour de plusieurs grands axes : formation accrue de soignants, lutte contre la désinformation, mais aussi pédagogie auprès des religions.










