Pas de bureau politique, aucune structure, jamais de votes internes et pas de membres, sauf un, Geert Wilders. Celui qui, depuis 2006, a octroyé les postes, décidé des orientations, et parlé, toujours seul, au nom de son Parti pour la liberté (PVV). Au fil des années, il a asséné des formules brutales qui ont assuré le succès de sa formation d’extrême droite, jusqu’à en faire, en 2023, la plus populaire des Pays-Bas. Il a prononcé des diatribes contre le Coran, qu’il assimile à Mein Kampf ; dénoncé la « racaille » ; promis de « s’occuper » des Marocains ; brandi la peur du « tsunami » d’immigrés pour un pays risquant de devenir « une province du Super Etat islamique Eurabia », etc.
La formation du député néerlandais est et restera un objet politique non identifié, dont le fonctionnement autocratique aura évité pendant deux décennies ce qui guette, et parfois détruit, les formations extrémistes : les rivalités internes et les querelles d’ego. Le 20 janvier, à la surprise générale et à celle d’un Geert Wilders évoquant « un jour noir », sept des 26 membres de son groupe parlementaire ont haussé le ton, avant de faire sécession. Emmenés par Gidi Markuszower, un ancien et fidèle compagnon du dirigeant populiste, ces élus ont invoqué, pour justifier leur départ, le manque de démocratie interne et la présence trop rare de M. Wilders lors de la campagne des législatives d’octobre 2025.
L’événement renvoie le PVV au quatrième rang de formations représentées à la Chambre des députés. Les séditieux ajoutaient que la participation du PVV au pouvoir, au sein de la coalition sortante, ne lui avait pas permis d’atteindre ses objectifs. Ce gouvernement, une alliance de centristes, de libéraux et d’un parti paysan avec l’extrême droite, n’aura tenu que de juillet 2024 à juin 2025.
Les promesses sociales, non tenues, de M. Wilders visaient notamment à augmenter le pouvoir d’achat et à réduire le coût des soins de santé. Il a aussi partiellement échoué à faire appliquer « la politique le plus stricte » en matière d’immigration pourtant gérée par une de ses fidèles, Marjolein Faber. Cette adepte des lois d’urgence, des contrôles aux frontières et de la fermeture des mosquées et des centres pour demandeurs d’asile, ne sera parvenue qu’à polariser un peu plus une société agitée depuis un quart de siècle par des débats sur la politique de l’asile et l’identité du pays.
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