Les 1 000 spectateurs installés dans la salle du Nouveau Siècle, à Lille, ne s’en doutaient probablement pas dimanche, lors de la projection des premiers épisodes de « Lucky Luke » dans le cadre du festival Séries Mania, mais la série qu’ils étaient sur le point de découvrir a failli être une comédie musicale. C’est en tout cas là-dessus qu’étaient partis les membres d’Un pour tous productions, après avoir négocié les droits de la bande dessinée créée par le Belge Morris en 1946. L’épidémie de Covid-19 a mis un coup d’arrêt au projet, mais a permis qu’il se transforme, grâce à l’association avec Fédération studios, en une minisérie, mise en ligne le 23 mars sur Disney+.
Pour « craquer le code » de la BD, dont aucune adaptation en prise de vues réelles ne s’était jusqu’à présent révélée très convaincante, la production s’en remet à l’époque à un grand casting d’auteurs, auquel Mathieu Leblanc et Thomas Mansuy se présentent avec une vision radicale, celle d’un héros cabossé. « C’était un héros parfait à qui il n’arrive rien, qui n’a pas de passé, pas de futur, explique Mathieu Leblanc, venu présenter la série au côté du réalisateur, Benjamin Rocher. Qui n’est jamais en danger parce qu’il tire plus vite que son ombre, et qui parle à un cheval et à un chien… Moi, j’avais la vision d’un cow-boy vieillissant, buriné, avec un Rantanplan arthritique qu’il porte sur ses épaules. Ça commencerait par l’enterrement de Jolly Jumper, Lucky Luke ne serait plus l’homme qui tire plus vite que son ombre et il chercherait celui ou celle qui va lui succéder. »
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