« Pour tous les usages critiques, nous devons nous désintoxiquer des outils non-européens et construire les outils d’indépendance européenne. » David Amiel, ministre délégué chargé de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, a présenté ainsi, jeudi 5 février, la nouvelle doctrine de l’Etat en matière d’achats de logiciels et de services numériques. « La commande publique doit soutenir les pépites françaises et européennes », a-t-il ajouté.
Cette doctrine doit être incarnée dans une circulaire annoncée ce jeudi et qui sera signée par le premier ministre, Sébastien Lecornu, « dans les prochains jours ». Ce texte « s’inscrit dans la logique de renforcement de notre souveraineté numérique », a expliqué la ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, Anne Le Hénanff, dans une allusion claire aux tensions géopolitiques croissantes, notamment avec les Etats-Unis de Donald Trump.
Le gouvernement cherche à montrer qu’il n’est pas inactif face aux dépendances numériques. En effet, les sociétés américaines captent 83 % des dépenses liées aux logiciels et services cloud à usage professionnel en Europe, selon une étude commandée par le groupement des directions informatiques de grandes entreprises Cigref, en avril 2025. Et les menaces brandies par l’exécutif américain, au Groenland ou ailleurs, font craindre à certains en Europe un scénario où des entreprises américaines pourraient être poussées à couper certaines de leurs services.
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