- Bercy a rejeté l’affirmation du PDG de la Coopérative U Dominique Schelcher selon laquelle « l’État » serait « le grand gagnant » de la hausse du prix des carburants en raison de la guerre au Moyen-Orient.
- Les distributeurs de carburant ont été reçus ce même jour au ministère afin de limiter une hausse excessive de leurs prix.
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Le ministère de l’Économie le nie : l’État n’est pas le « grand gagnant »
de la hausse du prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient, comme l’a affirmé un distributeur jeudi 5 mars au matin.« Un choc pétrolier n’a jamais été une bonne nouvelle pour les finances publiques »
car « ça affecte la croissance et donc ça affecte les recettes de l’État »
, souligne Bercy lors d’un point presse téléphonique ce jeudi après-midi.
« Ce qu’il faut rappeler concernant la fiscalité énergétique, c’est que la plus grande part des recettes liées au carburant »
à savoir l’accise (nouvelle fenêtre) sur les produits pétroliers, ex-TICPE, taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, « ne dépend pas du prix du carburant »
, a-t-il en outre détaillé. Le ministère ne manque pas non plus d’ajouter que « la seule part qui va augmenter quand les prix augmentent, c’est la TVA »,
fixée à 20%.
Le PDG de Coopérative U Dominique Schelcher avait estimé plus tôt jeudi que « l’État »
était le « grand gagnant »
de la hausse du prix de l’essence car « plus de 51% du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l’État »
. La cheffe des députés Rassemblement national (RN) Marine Le Pen avait, elle, proposé la veille sur RTL
de baisser des taxes sur les carburants pour compenser les hausses.
Pas de problème d’approvisionnement pour le moment
Face à ces déclarations, l’entourage du ministre de l’Économie Roland Lescure accuse « à la fois le RN, qui fait toujours son beurre sur les sujets énergétiques, et certains qui ont pris la parole ce matin pour dire que l’État était quand même le grand gagnant de la situation, vont vite en besogne »
ou « en tout cas se servent de la situation pour tirer leur épingle du jeu »
.
Selon l’Ufip (Union française des industries pétrolières), le prix du litre de carburant se compose environ de 30% du coût des matières premières, de 50 à 55 % de taxes (TVA et accise) et de 15 à 20% de coûts de distribution. Le ministère de l’Économie a de son côté reçu jeudi les distributeurs de carburant pour « s’assurer »
qu’ils ne pratiqueront pas de hausses exagérées des prix, par rapport à celle des cours du pétrole.
« Ce qui ressort de cette réunion, c’est qu’on est tous mobilisés : il n’y a pas de rupture, de crainte à avoir sur l’approvisionnement »
, a annoncé l’Ufip. Sans négliger qu’il « peut y avoir des ruptures dans quelques stations, mais au niveau national, on a un taux de fonctionnement de nos stations-service de 97%. »











