La France insoumise (LFI) a annoncé vendredi 20 mars, au dernier jour de la campagne électorale, qu’elle retirait une de ses listes pour l’élection à la Métropole de Lyon, afin de tenter de battre la droite soutenue par Jean-Michel Aulas, bien placée après le premier tour.
« Nous allons retirer notre liste à Lyon-Ouest de manière à ce que M. Aulas soit battu dans cette circonscription, et que nous augmentions les chances des listes de gauche d’être majoritaires en sièges dimanche », a expliqué le député LFI Gabriel Amard, lors d’un déplacement à Villeurbanne (Rhône) en compagnie du coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, pour soutenir les candidats au scrutin local.
Les habitants de Lyon et de sa périphérie votent également pour la Métropole de Lyon, la seule communauté d’agglomération élue au scrutin universel direct, qui englobe 58 communes et 1,4 million d’habitants. Le territoire est découpé en 14 circonscriptions. Celle de Lyon-Ouest englobe les 5e et 9e arrondissements de la ville.
A l’issue du premier tour, les listes menées par Véronique Sarselli (Les Républicains), alliée à Jean-Michel Aulas, ont gagné quatre des 14 circonscriptions et sont arrivées en tête dans cinq autres. A Lyon-Ouest, leur liste a recueilli 41,19 % des voix, suivie de la liste d’union de la gauche de la majorité sortante (30,59 %) et celle de LFI (10,85 %).
« Accords de coulisses »
Jean-Michel Aulas, au coude-à-coude avec l’écologiste Grégory Doucet dans la course à la mairie de Lyon, est par ailleurs en troisième position sur la liste métropolitaine de Lyon-Ouest.
Manuel Bompard a affirmé que LFI « n’accepte pas le risque » de voir la métropole « basculer à droite », et dénoncé l’absence d’accord avec le président écologiste sortant de la collectivité, Bruno Bernard, contrairement à la ville de Lyon où le maire écologiste Grégory Doucet et LFI ont réalisé une « fusion technique » de leurs listes.
Les responsables LFI ont notamment pointé du doigt « l’irresponsabilité » des maires sortantes de Vaulx-en-Velin, la socialiste Hélène Geoffroy, et de Vénissieux, la communiste Michèle Picard, les accusant d’empêcher une fusion des listes. Dans un communiqué, Bruno Bernard a qualifié le retrait de LFI à Lyon-Ouest de « choix de responsabilité qui permet de créer les conditions de la victoire face à la droite de Jean-Michel Aulas ».
« Tambouille, accords de coulisses, manipulations électoralistes : ils pensent pouvoir confisquer le choix des Lyonnais avec leurs combines d’appareil. Mais les Lyonnaises et les Lyonnais ne sont pas dupes : ils ne seront jamais les otages de l’extrême gauche », a réagi Jean-Michel Aulas sur X.
Gabriel Amard a assuré n’avoir « demandé aucune contrepartie à cette décision », affirmant en outre que son parti avait fait sa « part du chemin ».









