Avec l’Euro 2025 en Suisse à l’horizon, l’équipe de France féminine, sans Wendie Renard ménagée, s’est imposée facilement, vendredi 4 avril, face aux Suissesses (2-0) et a pris le large en tête de son groupe en Ligue des nations.
L’Euro, troisième grande compétition en trois ans après l’échec en quarts de finale de la Coupe du monde et des Jeux olympiques, était forcément dans les têtes des Bleues, d’autant plus qu’elles joueront leur deuxième match de poule dans ce Kybunpark de Saint-Gall, face au pays de Galles.
Avant ce nouveau défi, la Ligue des nations leur sourit. Avec neuf points en trois matchs, les Bleues voyageront en Norvège, mardi, avec cinq longueurs d’avance sur les coéquipières d’Ada Hegerberg, qui ont fait match nul, vendredi, face à l’Islande (0-0).
C’était l’objectif du sélectionneur, Laurent Bonadei : terminer la phase de matchs allers de la Ligue des nations avec trois victoires. Ses joueuses ont déjà pris une petite option pour la qualification au futur Final Four. Il voulait aussi qu’elles ne soient pas là pour « faire du repérage » pour cet été, mais bien pour prendre une revanche après le match amical perdu à l’automne à Genève (2-1).
Depuis cette défaite, Laurent Bonadei, qui était alors en phase de « fondation », a fait plusieurs choix : revenir à un système en 4-3-3 et désigner de nouveau au poste de gardienne numéro un Pauline Peyraud-Magnin, qui a réalisé une belle claquette (27e) et des arrêts moins difficiles dans la soirée.
Un jeu souvent scolaire
Tout n’a pas été fluide collectivement. Sans grand rythme, ni prise d’initiative, ni créativité, le jeu a été souvent trop scolaire. Une mauvaise habitude des Bleues, qui s’appuient un peu trop sur leurs individualités, comme celle de Delphine Cascarino ou de Griedge Mbock, capitaine vendredi soir en l’absence de Wendie Renard, ménagée pour un coup au pied cette semaine.
Le premier but des Bleues a tout de même été inscrit au terme d’un beau mouvement collectif lancé par Grace Geyoro, qui a passé en profondeur à Delphine Cascarino, bien en jambes malgré le voyage depuis les Etats-Unis. La joueuse de San Diego a fait la différence sur son aile avant de centrer pour Sandy Baltimore, laissée seule devant le but (1-0, 14e).
Le deuxième but (44e) a été un exploit personnel de Selma Bacha, autrice d’une frappe lointaine et surpuissante, alors qu’elle avait trouvé la barre juste avant (38e). « On m’a toujours dit que j’avais une bonne frappe, donc pourquoi pas tenter et aujourd’hui cela a marché », a commenté la Lyonnaise.
200e sélection pour Le Sommer
Face à des Suissesses assez faibles techniquement, l’attaquante des Bleues Marie-Antoinette Katoto, une autre leader technique, a été trop discrète. Habituellement l’une des joueuses les plus efficaces dans la surface, elle a peu réussi dans l’exercice, préférant décrocher dans le cœur du jeu. Elle a été remplacée en fin de match par Eugénie Le Sommer, qui a honoré sa 200e sélection, rentrant un peu plus dans la légende des Bleues après avoir battu le record de sélections de Sandrine Soubeyrand lors du match précédent.
Avec un onze qui devrait ressembler à celui aligné l’été prochain, hormis pour l’absence de Kadidiatou Diani (forfait) et Wendie Renard sur le banc, Laurent Bonadei a vu le travail restant à accomplir pour mieux organiser collectivement ses joueuses, qui ont fait seulement un bon pressing par séquences.
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« On va se satisfaire des trois points et d’être en tête du groupe », a réagi le sélectionneur mais « dans le contenu, même s’il y a eu un fort taux de possession de balle, on a quand même eu des pertes de ballons, je sais qu’on peut mieux faire », voulant « plus d’applications techniques ».
« On est exigeant », mais « il faut aussi ne pas être rabat-joie et on est toujours perfectible », a-t-il poursuivi.