C’est une page particulière de la gauche qui se tourne avec la disparition de Lionel Jospin, dimanche 22 mars. Une page qui raconte les éternelles contradictions de celle-ci face à l’exercice du pouvoir, son rapport à la radicalité et au réformisme, ses désirs d’unité, souvent douchés. Une page dont les témoins de l’époque s’appellent Olivier Faure, François Hollande ou encore Jean-Luc Mélenchon, et dirigent la gauche d’aujourd’hui. Le premier, collaborateur de Martine Aubry, ministre de l’emploi et de la solidarité en 1997, s’imaginait-il devenir premier secrétaire du Parti socialiste (PS) ? Le dernier, son ministre délégué à l’enseignement professionnel, regardait son aîné avec révérence.
Lionel Jospin, c’est l’homme à la croisée des gauches. Une boussole morale pour tous les ténors de la gauche, chacun selon son prisme. Les socialistes louent le bilan, qui témoigne, à leurs yeux, de cette gauche de gouvernement capable de mener des réformes sociales d’ampleur. Entre 1997 et 2002, le premier ministre instaure les 35 heures, le pacs, la couverture maladie universelle – des avancées sociales que l’on érige en totems au PS. Le tout en menant une période de croissance économique que jalouseront ses successeurs.
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