L’Union européenne (UE) va arrêter de financer les forces armées rwandaises déployées pour pacifier la région de Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, en proie à une insurrection de djihadistes affiliés à l’Etat islamique. Si le président du Conseil européen, Antonio Costa, a assuré vouloir « investir dans la stabilité régionale », lors de la visite du président mozambicain Daniel Chapo, le 17 mars à Bruxelles, il n’est aujourd’hui plus question de financer l’armée de Kigali, venue, à la demande de Maputo en 2021, lutter contre les groupes djihadistes.
En 2022, les Européens avaient débloqué une première aide de 20 millions d’euros au travers de la facilité européenne pour la paix à destination de l’armée rwandaise, l’une des armées les mieux équipées et les plus professionnelles du continent. L’UE avait également financé, à hauteur de 15 millions d’euros, la Mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe au Mozambique, qui a fini par se retirer, en juillet 2024.
Mais alors que plusieurs milliers de soldats rwandais sont à l’offensive aux côtés du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe paramilitaire, dans l’est de la RDC, le soutien financier à Kigali est de plus en plus contesté. La signature d’un cessez-le-feu, le 4 décembre 2025 à Washington, n’a pas atténué les combats. Le 2 mars, les Etats-Unis ont ainsi sanctionné l’armée rwandaise.
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