A voir le nuage de minuscules gouttelettes relarguées lors de l’épandage d’un pesticide, difficile d’imaginer qu’elles puissent agir en profondeur dans le sol. Dans celui-ci vivent une multitude d’organismes indispensables aux végétaux, dont les bactéries et les champignons qui participent aux cycles biochimiques et protègent les racines. Des espèces essentielles aux cultures et à la biodiversité en général.
Le site de la Commission européenne recense actuellement 421 pesticides autorisés dans les pays de l’Union européenne et le Royaume-Uni. Leurs effets délétères sur les animaux ont fait l’objet de nombreuses publications ces dernières années. En France, leur utilisation est une source d’inquiétude, comme l’illustre cette pétition contre la loi Duplomb qui proteste contre la réautorisation de l’acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes. En rassemblant plus de 2 millions de signatures, elle a provoqué la tenue d’un débat sans vote à l’Assemblée nationale mercredi 11 février.
Pourtant, les études qui cherchent à évaluer l’impact des pesticides sur les micro-organismes des sols sont rares. « Ce sont des travaux difficiles, car le nombre d’organismes et de facteurs à étudier est très important », explique Marc-André Selosse, microbiologiste et professeur au Muséum national d’histoire naturelle.
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