L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Il faudrait commencer, idéalement, par s’abstraire du barnum médiatico-promotionnel, de la peopolisation d’un Timothée Chalamet réduit à vendre des blousons, et de la course aux Oscars, pour situer le film. Marty Supreme, de Josh Safdie, est, d’abord, le moment d’une séparation. Celle de deux frères – Josh (41 ans) et Benny (39 ans) Safdie – qui ont travaillé main dans la main depuis vingt ans, menant en cinq longs-métrages leur carrière, des franges du cinéma indé new-yorkais jusqu’à l’étincelant succès de Uncut Gems (diffusé en France en 2020). Avec les sorties consécutives de Smashing Machine en octobre 2025, signé par Benny, puis de Marty Supreme aujourd’hui, réalisé par Josh, les dés en sont donc publiquement jetés de la fin de leur fraternité professionnelle.
Ils n’en poursuivent pas moins à distance un dialogue qui les réunit. Le goût du sport et de la compétition (un combattant de MMA dans Smashing Machine, un pongiste dans Marty Supreme). Une inclination pour les personnages en mode survie, lancés à toute blinde dans une fuite en avant qui les transforme en perdants magnifiques. Ici, l’histoire, vraie, de Marty Reisman. Petit juif malingre du Lower East Side new-yorkais des années 1930, parents pauvres, santé précaire. Il s’en sort par la pratique intensive du tennis de table, devient à 13 ans champion junior des Etats-Unis, remporte à 19, en 1949, le British Open contre le Hongrois Victor Barna, champion du monde, conquiert la même année la médaille de bronze au championnat du monde de Stockholm.
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