Vouloir exploiter les immenses ressources pétrolières du Venezuela n’est pas sans risque, surtout lorsque les Etats-Unis s’en mêlent pour déstabiliser le pouvoir de Nicolas Maduro, chef d’Etat de la République bolivarienne. Telle est la leçon apprise, à leurs dépens, par l’américain Chevron, l’espagnol Repsol… ainsi qu’un plus petit acteur : le français Maurel & Prom (M&P), dont le siège est à Paris, société de plus de 700 salariés ayant pour actionnaire majoritaire Pertamina, compagnie pétrolière nationale d’Indonésie.
Avec le retour de Donald Trump à la présidence américaine, c’est le retour des sanctions pour empêcher l’activité des firmes étrangères exerçant au Venezuela. Depuis 2018 et le rachat des parts de Shell, une filiale de Maurel & Prom détient 40 % d’un gisement, dans le lac de Maracaibo, en partenariat avec la compagnie publique vénézuélienne PDVSA.
De 2019 à novembre 2023, le groupe français avait déjà renoncé à commercialiser sa quote-part de barils vénézuéliens, et donc à en percevoir les recettes. Le scénario est parti pour se reproduire : vendredi 28 mars, par l’intermédiaire du Bureau de contrôle des avoirs à l’étranger (Office of Foreign Assets Control, OFAC), le département américain du Trésor a révoqué la « licence spécifique » dont l’entreprise disposait depuis avril 2024, du temps de la mandature de Joe Biden.
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