Après plus de vingt-quatre heures de silence, le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a exprimé dimanche 15 février la « sidération », l’« empathie » et la « compassion » de son mouvement politique après l’agression mortelle jeudi de Quentin D., un étudiant appartenant à la mouvance nationaliste à Lyon.
« Nous exprimons notre sidération, mais aussi notre empathie et notre compassion pour la famille, pour les proches », a affirmé Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting électoral à Montpellier, rappelant avoir « dit des dizaines de fois que [les “insoumis” étaient] hostiles et opposés à la violence ». « Tous les récits qui ont été faits dans les heures qui ont suivi n’ont aucun rapport avec la réalité », a-t-il ajouté, réaffirmant : « C’est nous qui sommes agressés, réunion après réunion. »
Plus tôt dans la journée, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, avait déclaré que « c’est l’ultragauche qui manifestement a tué » Quentin D., dénonçant une « complaisance de La France insoumise (…) pour la violence politique ».
« C’est nous qui sommes agressés »
Selon le collectif identitaire Némésis, proche de l’extrême droite, Quentin aurait été agressé jeudi soir par des militants antifascistes, alors qu’il faisait partie du service d’ordre chargé d’assurer la sécurité de ses militantes, qui manifestaient contre une conférence de l’eurodéputée (LFI) Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
Mais pour le leader « insoumis », « tous les récits qui ont été faits dans les heures qui ont suivi n’ont aucun rapport avec la réalité ». « C’est nous qui sommes agressés, réunion après réunion », s’est-il insurgé.
« Tout a été truqué, arrangé pour faire croire à une sorte d’expédition du service d’ordre “insoumis” pour traquer un pauvre malheureux », a-t-il encore dit, affirmant que « tout s’est passé ailleurs qu’à l’endroit où se trouvait Rima et le service d’ordre des “insoumis” ». « Nous n’avons rien à voir avec cette histoire et ceux qui nous accusent. Ce sont des calomniateurs ! », a-t-il clamé.
Selon le parquet de Lyon, « plusieurs témoignages significatifs » ont été recueillis par la police dans l’enquête sur l’agression du jeune militant et le procureur de Lyon tiendra un point presse lundi à 15 heures.
Macron accusé de « calomnier dans le vide »
Dans son allocution d’un peu plus d’une heure, Jean-Luc Mélenchon a également répondu à Emmanuel Macron qui, dans un entretien à Radio J, avait qualifié La France insoumise de mouvement d’« extrême gauche » au sein duquel émergent « des expressions antisémites ».
« Vous savez que l’antisémitisme est un crime, alors si vous pensez que c’est assez évident qu’on est antisémite, portez plainte contre nous ! », a lancé le leader Insoumis, accusant le chef de l’Etat de « calomnier dans le vide » et regrettant de ne pouvoir « lui faire un procès en diffamation parce que la Constitution le rend irresponsable ».
Par ailleurs, tout en reconnaissant une proximité « intellectuelle et affective » avec l’extrême gauche, le chef de file LFI a mis en avant « une divergence : nous croyons aux élections comme moyen de la conquête du pouvoir et pour être plus précis, comme seul moyen de la conquête du pouvoir et de son exercice ».
« Nous ne voulons pas être classés extrême gauche, parce que nous ne le sommes pas », a-t-il insisté, rappelant que LFI avait déposé un recours devant le Conseil d’Etat après la décision du ministre de l’Intérieur de compter LFI parmi les formations d’extrême gauche aux élections municipales des 15 et 22 mars.
« Donc, au moment où nous, nous avons déposé un recours devant le Conseil d’Etat dont les membres sont des magistrats, le président de la République, censé être garant de l’indépendance de la magistrature, dit ce qu’il faut penser au Conseil d’Etat ? Forfaiture, Monsieur, forfaiture, vous n’avez pas le droit de parler comme cela ! », a-t-il ajouté.










