- Le procureur de Lyon a pris la parole ce jeudi pour faire un point sur l’enquête sur la mort de Quentin Deranque, à l’issue des gardes à vue de onze suspects.
- Le parquet a requis la mise en examen pour « homicide volontaire » de sept d’entre eux, tandis que les quatre autres ont été remis en liberté et seront « convoqués » plus tard.
- Parmi les sept principaux suspects, certains ont reconnu des coups, mais tous se défendent d’avoir voulu tuer le militant nationaliste.
Suivez la couverture complète
Mort de Quentin Deranque, 23 ans, violemment agressé à Lyon
Une semaine après l’agression mortelle de Quentin Deranque, l’étau se resserre autour des suspects. Le parquet a requis la mise en examen de sept hommes pour
« homicide volontaire », parmi les onze suspects qui se trouvaient en garde à vue, a déclaré le procureur de la République de Lyon, lors d’une conférence de presse, ce jeudi 19 février. Une « information judiciaire criminelle »
va être ouverte
dans le cadre de cette enquête sur la mort du militant nationaliste de 23 ans (nouvelle fenêtre), a ajouté Thierry Dran, précisant que les identifications de suspects ne sont pas terminées.
Le procureur a tout d’abord souligné que « dans un contexte très très sensible »
, « l’identification des personnes présentes sur les lieux était difficile »
, et qu’à ce jour, « il reste plusieurs personnes à identifier »
. Une « opération de grande ampleur »
a toutefois permis d’interpeller onze personnes (nouvelle fenêtre) entre mardi et mercredi, sept pour « homicide volontaire » et « violences aggravées » notamment, et les autres pour « recel de malfaiteurs », a-t-il rappelé.
Le placement en détention provisoire requis pour sept des gardés à vue
« L’analyse des faits, notamment le
très grand nombre de coups
(nouvelle fenêtre) portés directement sur le visage et sur le crâne de Quentin Deranque, les auditions des témoins, les interrogatoires des mises en cause (…) conduisent le parquet à ouvrir, dans les minutes qui viennent, une information judiciaire criminelle devant les juges d’instruction »
, a poursuivi le procureur, qui a précisé qu’elle « sera confiée à trois juges d’instruction en co-saisine »
.
Le parquet a donc décidé de requérir la « mise en examen du chef
d’homicide volontaire sur Quentin Deranque
(nouvelle fenêtre)«
pour les sept accusés de lien direct avec les faits. Il a aussi requis leur placement en détention provisoire, en raison notamment « du grave risque de trouble à l’ordre public, des risques de concertation frauduleuse »
mais aussi de « déperdition des preuves »
. Leur mise en examen pour « violences aggravées »
et « association de malfaiteurs en vue de la commission d’un délit »
sera également demandée, a-t-il ajouté. Les quatre autres suspects, trois femmes et un homme, ont eux été « remis en liberté et seront ultérieurement convoqués pour s’expliquer sur ces faits »
.
Certains admettent des coups mais tous rejettent « une intention d’homicide »
Lors de l’interrogatoire de ces sept principaux suspects, deux d’entre eux ont « refusé de s’expliquer »
, « les autres reconnaissaient leur présence sur les lieux »
et « certains admettaient avoir porté des coups à Quentin Deranque et/ou à d’autres victimes »
, a ajouté Thierry Dran. « En revanche, ils contestaient tous une intention d’homicide »
, a-t-il ajouté. Il a également brièvement détaillé leur profil : âgés de 20 à 26 ans, ils sont « pour l’essentiel des étudiants, employés dans le privé, un sans emploi, et (…) un assistant parlementaire »
.
Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault, avait été placé en garde à vue (nouvelle fenêtre) et avait reconnu, lors de son interrogatoire, avoir commis des « violences »
, tout en assurant ne pas être « l’auteur des coups »
mortels, a déclaré mercredi son avocat Me Bertrand Sayn. Un autre assistant parlementaire du député (nouvelle fenêtre), Robin C., avait également été interpellé, mais il fait partie des suspects remis en liberté, selon nos informations. Il était donc poursuivi uniquement pour « recel de malfaiteurs ».
Deux personnes ont des « antécédents judiciaires »
Les sept personnes dont la mise en examen a été demandée « n’ont pas d’antécédents judiciaires, sauf pour deux d’entre elles »
: l’une a été « condamnée pour violences et usages de stupéfiants par le tribunal pour enfants »
, et l’autre « par le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits de vol et port d’armes »
, a ajouté le procureur. « Par ailleurs, il apparaît qu’un des mis en cause fait actuellement l’objet d’un contrôle judiciaire par une juge d’instruction de Paris, à la suite de faits de violence aggravée en raison de la race, de l’ethnie, ou de la religion »
, a-t-il complété, sans davantage de précisions.
Lors des faits, « certains d’entre eux étaient armés »
, puisque l’une des circonstances aggravantes est le « port d’armes »
, a-t-il aussi ajouté. « On ne parle pas de guet-apens »
, un terme utilisé par l’avocat de la famille de Quentin Deranque, a également déclaré le procureur, soulignant que cette appellation n’était « pas juridique »
.










