- Une marche de l’ultradroite en hommage à Quentin Deranque est prévue samedi à Lyon.
- Redoutant des violences, des personnalités politiques avaient demandé à l’annuler.
- Le ministre de l’Intérieur a décidé de la maintenir avec un important dispositif de sécurité.
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Mort de Quentin Deranque, 23 ans, violemment agressé à Lyon
Un lynchage filmé, un décès, des réactions en cascade et maintenant, l’inquiétude de nouvelles violences. Une marche d’hommage à Quentin Deranque est prévue ce samedi 21 février à Lyon, mais suscite bien des inquiétudes, puisque, selon nos informations, entre 2.000 et 3.000 personnes sont attendues dont 600 à 800 proches de l’ultradroite venus de toute la France mais aussi d’autres pays.
Organisée par une femme se disant proche du jeune homme, la manifestation déclarée en préfecture dès le 14 février,
« sera encadrée strictement par la mobilisation d’un dispositif de sécurité important »
, comprenant des renforts de CRS, de gendarmes mobiles et de policiers d’autres départements, prévient ce vendredi la préfecture du Rhône.« S’étendant sur environ 1.400 mètres, le parcours se déroulera dans le 7 ᵉ arrondissement de Lyon. Le cortège partira à 15h de la place Jean-Jaurès, passera par la rue Pré-Gaudry, par la rue Crépet, puis le boulevard Yves Farge, avant d’arriver rue Victor Lagrange où se sont déroulés les faits
(le jeudi 12 février ndlr) », précise-t-elle.
« Aucune expression politique souhaitée »
Dès jeudi, la famille de Quentin Deranque, mort à 23 ans, a annoncé qu’elle ne participerait pas à l’événement et a appelé au calme. Les parents du jeune défunt ont également souhaité que ce rassemblement se fasse « sans violences » et « sans expression politique »,
a insisté leur avocat Fabien Rajon.
« Conformément aux échanges avec la préfecture et les services de police, et selon le souhait de la famille de la victime, l’organisatrice s’est engagée à respecter scrupuleusement les consignes données à savoir que cette marche revête un caractère pacifique et qu’elle ne donne lieu à aucune expression politique »
, alerte également la préfecture dans son communiqué.
Redoutant les débordements, le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, avait réclamé l’interdiction de l’événement en raison de « risques avérés de troubles à l’ordre public ».
« Pour l’instant, la liberté est plus importante que l’inquiétude »,
a déclaré le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez tôt vendredi sur RTL, en annonçant qu’il ne s’opposerait pas à ce défilé et en donnant son feu vert à la marche au lendemain de la mise en examen de sept suspects, liés à la mouvance d’ultragauche, pour « homicide volontaire » ou « complicité », dont six ont été écroués.
Ce que disent le RN et LFI
Dans ce climat très tendu, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a recommandé vendredi à ses cadres de ne pas se rendre aux hommages ni d’y associer le RN. « Les organisateurs de ces rassemblements sont multiples, incertains, quand ils ne sont pas inexistants, en relevant de la mobilisation spontanée sur les réseaux sociaux »
, écrit-il dans ce message, ajoutant que les proches de Quentin Deranque ne sont a priori « à l’initiative d’aucun d’entre eux ». « La volonté de confrontation de l’extrême gauche avec ces rassemblements semble intacte »
, ajoute-t-il.
Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a lui appelé sur X à interdire la marche, une « véritable démonstration fasciste dans les rues »
et une « menace pour les habitants ».
« Je ne suis pas certain que de voir des croix celtiques défiler pendant plusieurs heures dans les rues de Lyon soit la bonne façon de rendre hommage à celui qui est mort »,
a commenté pour sa part le premier secrétaire du PS Olivier Faure.
Deux arrêtés préfectoraux ont été pris, d’une part pour interdire toute manifestation dans un périmètre défini et d’autre part pour autoriser le recours à la captation d’images par drones dans le cadre de la sécurisation de cette marche.











