Les auditions des proches du petit Emile Soleil, entendus pour « homicide volontaire » et « recel de cadavre » dans l’enquête sur la disparition du garçonnet en juillet 2023 alors qu’il était en vacances dans la maison de campagne familiale, ont repris mercredi 26 mars au matin à Marseille, après la prolongation de leurs gardes à vue.
Les avocats des grands-parents maternels de l’enfant sont arrivés peu avant 9 h 30 dans les locaux de la gendarmerie pour une nouvelle journée d’auditions, après la prolongation des gardes à vue de Philippe et Anne Vedovini pour une deuxième période de 24 heures. Les gardes à vue de l’oncle et de la tante d’Emile, deux des enfants majeurs du couple Vedovini, entendus dans une autre gendarmerie, ont également été prolongées, a par ailleurs fait savoir une source proche de l’enquête, citée par l’Agence France-Presse.
Philippe Vedovini, 59 ans, a une attitude de « coopération totale » avec les enquêteurs, a déclaré son avocate, Me Isabelle Colombani, en disant s’attendre à « une nouvelle journée marathon ». Une garde à vue est « forcément une épreuve », a déclaré de son côté l’avocat d’Anne Vedovini, Me Julien Pinelli, qui avait précédemment souligné que sa cliente « ne recherche que la vérité ».
Les grands-parents et deux de leurs enfants majeurs avaient été interpellés tôt mardi par les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie de Marseille à leur domicile de La Bouilladisse, dans les Bouches-du-Rhône, marquant une accélération de la piste familiale dans l’enquête qui n’avait enregistré aucune annonce significative depuis la découverte, il y a tout juste un an, d’ossements du petit garçon de 2 ans et demi.
« Phase de vérifications et de confrontations »
« Ces placements en garde à vue s’inscrivent dans une phase de vérifications et de confrontations des éléments et informations recueillis lors des investigations réalisées ces derniers mois », a expliqué le procureur de la République d’Aix-en-Provence. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs ont également procédé mardi à « une dizaine d’auditions de témoins ».
Les quatre interpellations ont eu lieu peu avant 7 heures mardi à La Bouilladisse, commune de 6 000 habitants entre Aix-en-Provence et Aubagne, où le couple Vedovini réside avec plusieurs de ses enfants. Une perquisition s’est déroulée dans la matinée à leur domicile, un cossu mas provençal. Des enquêteurs ont saisi pour expertise un véhicule SUV et une remorque à cheval.
Emile a disparu le 8 juillet 2023, alors qu’il venait d’arriver chez ses grands-parents dans leur résidence secondaire du hameau du Haut-Vernet, à 1 200 mètres d’altitude dans les Alpes-de-Haute-Provence. Les parents du garçonnet n’étaient pas sur place au moment de la disparition, mais plusieurs autres membres de la famille étaient présents.
Malgré plusieurs jours de battues citoyennes et de « ratissages judiciaires », aucune trace de l’enfant n’avait été retrouvée dans cette zone escarpée et isolée. Pendant neuf mois, l’enquête n’avait rien donné de concret, jusqu’à la découverte, à la fin de mars 2024 par une promeneuse, du crâne et de dents de l’enfant, à environ 1,7 kilomètre du hameau, à vingt-cinq minutes de marche pour un adulte. Des vêtements et un petit bout d’os avaient également été retrouvés par la suite dans la même zone.
Une grande jardinière saisie
Le 13 mars, la présence des enquêteurs dans le hameau du Haut-Vernet avait relancé les spéculations. Les gendarmes avaient saisi devant l’église paroissiale une grande jardinière, dans laquelle des traces de sang ont été retrouvées, a précisé une source proche du dossier.
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Le grand-père d’Emile est kinésithérapeute-ostéopathe à La Bouilladisse, berceau de cette famille catholique traditionaliste. Avec sa femme, ils ont eu dix enfants, tous scolarisés à la maison, dont la mère d’Emile, Marie, est l’aînée.
Philippe Vedovini avait été placé il y a plusieurs années sous le statut de témoin assisté dans une enquête sur des soupçons de violences et d’agressions sexuelles au début des années 1990 dans la communauté religieuse de la Sainte-Croix de Riaumont, à Liévin (Pas-de-Calais), où il était chef scout.
Les obsèques publiques d’Emile avaient été célébrées le 8 février dans la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var), lors d’une messe en latin, en présence de toute la famille et de plusieurs centaines de personnes. Quelques heures seulement après la cérémonie, les grands-parents d’Emile avaient publié un communiqué, clamant que « le temps du silence doit laisser place à la vérité ». « Nous avons besoin de comprendre, besoin de savoir », écrivaient-ils.