- Une large foule a défilé sur le Lido ce dimanche jusqu’à l’entrée du festival de cinéma pour dénoncer les agissements d’Israël à Gaza.
- « Stop au génocide », pouvait-on lire sur une banderole en tête d’un cortège très familial réuni à l’appel d’organisations de gauche de la région.
- Plusieurs artistes présents au festival, dont le réalisateur Yorgos Lanthimos, ont aussi affiché leur soutien à la population gazaouie ces derniers jours.
Avant de crépiter sur le tapis rouge de l’avant-première du Frankenstein
de Guillermo del Toro, les flashs ont suivi de près les manifestants venus faire entendre leur voix. Plusieurs milliers de personnes ont défilé ce samedi 30 août à Venise pour dénoncer les agissements d’Israël à Gaza. Réuni à l’appel d’organisations de gauche de la région vénitienne, le cortège très familial selon l’AFP s’est arrêté à l’entrée de la Mostra, protégée par un cordon de police.
Un appel signé par plus de 2.000 personnes dont des stars hollywoodiennes
Plusieurs participants ont repris le slogan « Free Palestine »
quand d’autres brandissaient des drapeaux palestiniens, derrière une pancarte sur laquelle était inscrit « Stop genocide ». « Je ne dis pas que tout le monde doit parler de génocide mais, au moins, tout le monde doit prendre position parce que ce n’est pas une question politique, c’est une question d’humanité »
, explique à l’AFP Marco Ciotola, un ingénieur informatique de 31 ans présent dans le cortège sur le Lido. « L’industrie du divertissement a l’avantage d’être très suivie, donc ils devraient prendre position pour Gaza »
, ajoute-t-il.
Plusieurs artistes ont manifesté leur soutien aux Palestiniens ces derniers jours à la Mostra. La réalisatrice marocaine Maryam Touzani et son mari, le cinéaste Nabil Ayouche, ont brandi une pancarte noire « Stop the genocide in Gaza » vendredi soir sur le tapis rouge. La veille, le réalisateur grec Yorgos Lanthimos a porté un pin’s aux couleurs de la Palestine lors de la conférence de presse de présentation de son long-métrage Bugonia.
Très politique, cette 82e édition du festival de cinéma s’est ouverte par l’appel d’un collectif fondé par dix cinéastes italiens indépendants, baptisé Venice4Palestine (V4P), à condamner la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée après l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023. « Nous sommes très surpris du nombre de réactions »
, a confié à l’AFP Fabiomassimo Lozzi, l’un des fondateurs du collectif.

Selon lui, 2.000 personnes, dont des grands noms du cinéma international comme Guillermo del Toro, Todd Fields, Michael Moore ou Ken Loach, ont signé ce texte. Le directeur du festival, Alberto Barbera, avait répondu au premier jour du festival en affirmant que « la Biennale ne prend pas de positions politiques directes »
, tout en assurant être sensible à la situation dramatique à Gaza. Il avait en revanche refusé de ne pas inviter certains artistes au prétexte qu’ils seraient des soutiens actifs d’Israël. V4P avait par exemple nommé Gal Gadot et Gerard Butler, au casting de In the hand of Dante
(hors compétition), dont la venue n’est pas confirmée à ce stade.
Mercredi, Gaza sera à nouveau des centres des regards avec la présentation en compétition de The Voice of Hind Rajab
. Réalisé par la Franco-Tunisienne Kaouther Ben Hania, le film raconte l’histoire d’une fillette tuée le 29 janvier 2024 à Gaza avec plusieurs membres de sa famille, alors qu’elle tentait de fuir les bombardements israéliens. Les enregistrements de son appel aux secours, utilisés à l’écran, avaient ému la planète lors de leur révélation.