Le tic-tac d’une horloge recouvre à fort volume les premières minutes d’After the Hunt, le nouveau film de Luca Guadagnino, présenté hors compétition au Festival de Venise. Manière de placer d’emblée le spectateur dans une forme d’inconfort. Ou de lui annoncer qu’une bombe est sur le point d’exploser. Beaucoup plus loin dans le film, près de sa conclusion, ce sont, à l’hôpital, les bips d’un rythme cardiaque qui donnent la cadence. Cheminement d’un long-métrage qui tente de décortiquer les mécaniques à l’œuvre à la fois dans la société et chez les individus pour finalement toucher à ce qu’il y a de plus humain : notre extrême vulnérabilité.
Servi par un scénario particulièrement brillant signé Nora Garrett, After the Hunt tire profit des nombreux questionnements qui entourent #MeToo pour explorer notre rapport à la morale et à l’éthique. Des sujets qu’Alma (Julia Roberts) et Hank (Andrew Garfield) connaissent parfaitement sur le plan théorique puisque ces deux enseignants en philosophie à Yale, à la fois amis très proches et rivaux, espèrent décrocher prochainement une titularisation très convoitée au sein de la prestigieuse université.
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