Il existe un paradoxe lillois. Ville de naissance du général de Gaulle, la capitale des Flandres n’a jamais connu un maire de droite sous la Ve République. Quand il passe en voiture devant le beffroi de l’hôtel de ville, Louis Delemer ne s’imagine pas s’asseoir dans le siège occupé par des figures socialistes comme Pierre Mauroy et Martine Aubry. Du moins pas dans l’immédiat. « Il fait une campagne très active comme rarement on en a fait, explique le président de la fédération du parti Les Républicains (LR) du Nord, Antoine Sillani. On prépare l’avenir avec lui. »
Et l’avenir passe déjà par retrouver un groupe au conseil municipal et d’être au-dessus des 10 % au premier tour. Un enjeu loin d’être négligeable dans la perspective des sénatoriales de septembre. Après l’échec de la liste menée par Marc-Philippe Daubresse en 2020 (8,25 %), les volontaires étaient rares pour relever le gant à droite. A Lille comme dans d’autres métropoles, les dirigeants LR ont brandi le vote « bobo » pour expliquer leur recul électoral. A 32 ans, la tête de liste de « Lille au cœur » refuse ce fatalisme sociologique. En guise de symbole, il a installé son bureau de campagne à Wazemmes, quartier populaire en voie de gentrification. « Mon équipe ne voulait pas, mais j’ai insisté, dit-il en souriant. On doit être là où on ne nous attend pas. » Comme dans le sud de la ville, donné pour acquis à la gauche. « On s’était persuadé que ces quartiers étaient perdus pour nous, déplore le directeur de campagne, Sébastien Leblanc. En réalité, c’est surtout que les habitants ne nous voyaient pas. »
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