Des appels de détresse banalisés, des recherches approximatives et des secours négligents. Pendant quatre semaines, une commission d’enquête publique s’est penchée, à Londres, sur les circonstances du plus grave naufrage survenu dans la Manche, le 24 novembre 2021. Cette nuit-là, au moins vingt-sept personnes migrantes, originaires majoritairement du Kurdistan irakien, sont mortes noyées en essayant de rejoindre l’Angleterre, malgré de nombreux appels au secours pendant leur tentative de traversée.
En France, une instruction est toujours en cours, dans laquelle dix-huit personnes sont mises en examen, dont onze passeurs présumés et sept militaires des services de secours, suspectés de non-assistance à personne en danger. L’enquête a révélé que ces derniers n’ont jamais envoyé de navire au contact des migrants en détresse, minorant le péril qu’ils couraient et préférant attendre que le canot pneumatique passe dans les eaux anglaises.
En Angleterre, c’est une commission indépendante – néanmoins mise en place par le secrétariat d’Etat aux transports – qui s’est penchée sur les événements survenus il y a plus de trois ans, à travers des auditions retransmises en direct sur Internet, du 3 au 27 mars. Présidée par le professeur de droit Sir Ross Cranston, ancien député travailliste et ancien juge à la Haute Cour, elle sera sans conséquence pénale. Mais elle a permis d’interroger une vingtaine de personnes – des responsables des gardes-côtes anglais essentiellement – sur l’absence d’assistance portée au small boat naufragé la nuit du 23 au 24 novembre 2021.
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