- La ministre de l’Agriculture accuse la grande distribution d’exercer un « chantage mortifère » sur les industriels de l’agroalimentaire.
- Des « déclarations réductrices et caricaturales », selon la Fédération du Commerce et de la Distribution.
- Celle-ci va boycotter les prochaines réunions du comité de suivi des négociations commerciales.
Ce sont des propos qui ne passent pas. La Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) a annoncé ce lundi 15 février son boycott des prochaines réunions du comité de suivi des négociations commerciales, dénonçant dans un courrier adressé à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard et consulté par l’AFP ses « déclarations réductrices et caricaturales qui fragilisent le dialogue engagé »
.
« La volonté de dialogue n’est pas partagée, et les conditions minimales d’un échange respectueux et impartial »
ne sont « pas réunies »
, a justifié la FCD dans sa lettre. Celle-ci est signée par les dirigeants des principales enseignes (Leclerc, Carrefour, Intermarché, U et Auchan).
Un « chantage mortifère » selon la ministre
Dans une interview accordée au Parisien
(nouvelle fenêtre) ce lundi, et mise en ligne dimanche en fin de journée, Annie Genevard a accusé la grande distribution d’exercer un « chantage mortifère »
sur les industriels de l’agroalimentaire, à deux semaines de la fin des négociations commerciales, qui déterminent in fine les prix des produits (hors marques propres des distributeurs) en rayon.
« Les exigences de la grande distribution, en termes de tarifs, sont incompatibles avec les demandes des industriels »
, a-t-elle notamment déclaré, estimant qu’en cas de négociations violentes, « à l’arrivée, ce sont les agriculteurs qui vont trinquer »
. « Certaines enseignes menacent de déréférencer certaines marques faute d’accord. J’estime que c’est un chantage mortifère pour l’agroalimentaire »
, a-t-elle affirmé.
Le géant laitier Lactalis a en particulier accusé en janvier la centrale d’achat européenne d’Intermarché, Auchan et Casino de retirer certains de ses produits des rayons pour obtenir des baisses de tarifs.
Une « politique de diversion » selon la FCD
Pour les distributeurs, les propos de la ministre « rompent avec la méthode de travail fondée sur la confiance et le respect mutuel »
que les enseignes et leurs fournisseurs agro-industriels s’étaient « engagés à préserver dans le cadre »
d’une charte signée en amont du lancement des négociations commerciales début décembre. Cette charte avait été initiée par la ministre de l’Agriculture et son homologue chargé du Commerce et des PME, Serge Papin, rappelle la FCD dans son courrier.
En conséquence, « les dirigeants de la distribution et la FCD ne participeront pas aux comités de suivi »
de ces négociations, dont celui prévu mardi, annoncent-ils. « À l’approche du Salon de l’agriculture, désigner la distribution comme responsable de tous les déséquilibres relève d’une politique de diversion »
, dénonce également la Fédération.











