- Téhéran et Washington mènent d’âpres discussions pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
- Un accord serait sur le point d’être finalisé.
- Nucléaire, détroit d’Ormuz, sanctions, cessez-le-feu au Liban… Voici ce que l’on sait des négociations.
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Moyen-Orient : le détroit d’Ormuz toujours au cœur des négociations
Depuis des semaines, l’Iran et les États-Unis alternent entre discussions et menaces. Ce week-end, les deux belligérants semblent n’avoir jamais été aussi proches de conclure un accord qui mette durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. Dimanche, Donald Trump a cependant tempéré les espoirs d’un accord imminent, affirmant ne pas vouloir « se précipiter ».
Mais alors quels sont les sujets de friction ? Que pourrait contenir cet accord ? On fait le point.
Le nucléaire dans un accord séparé ?
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a laissé entendre dès samedi que la question nucléaire ne faisait pas partie « à ce stade »
du « protocole d’accord »
en discussion et qu’elle serait abordée lors de négociations séparées.
Mais le New York Times
, citant deux responsables américains anonymes, affirme qu’un point central de cet accord sera un « engagement de Téhéran à renoncer à son stock d’uranium hautement enrichi ».
Toutefois la manière de faire serait au programme d’un prochain cycle de discussions. Les agences de presse iraniennes Fars et Tasnim affirment ainsi que les questions liées au nucléaire seraient négociées dans les soixante jours suivant la signature du protocole d’accord.
Un retour à la normale dans le détroit d’Ormuz ?
Le détroit d’Ormuz, verrouillé de facto par l’Iran depuis le début de la guerre lancée le 28 février, est un point central des discussions. Sur Truth Social, le président américain a évoqué samedi un compromis « largement négocié »
qui inclurait la réouverture du détroit.
Le son de cloche est pourtant différent du côté iranien. Des sources au fait des négociations, citées par Fars, affirment ainsi que le détroit stratégique serait bel et bien rouvert mais qu’il resterait sous contrôle de l’Iran. « Le statut du détroit d’Ormuz ne reviendra pas à sa situation d’avant-guerre »
, souligne de son côté Tasnim.
Les sanctions américaines, point sensible ?
En guise de sanction, les États-Unis ont bloqué les avoirs iraniens à l’étranger. L’Iran a ainsi souligné qu’il n’y aurait aucun accord à moins qu’une partie de ces avoirs ne soit libérée dès la première étape et qu’un mécanisme clair ne soit établi pour garantir la libération des autres fonds bloqués, a indiqué une « source informée » citée par Tasnim. Toujours selon cette source, si aucun accord définitif n’a encore été trouvé, c’est notamment en raison des désaccords sur ce dossier.
De son côté, l’agence Fars rapporte que les sanctions américaines visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l’Iran d’exporter ces productions, primordiales pour son économie.
Le Liban aussi au menu
Israël mène des frappes quotidiennes au Liban malgré un accord de cessez-le-feu, affirmant viser le mouvement pro-iranien Hezbollah. Or, l’Iran a déclaré que tout cessez-le-feu devait s’appliquer à tous les fronts de la guerre régionale, y compris au Liban. « Dans le cadre de cet arrangement, on s’attendrait également à ce qu’Israël, en tant qu’allié des États-Unis, mette fin à la guerre au Liban »,
a ainsi rapporté Tasnim.
Benyamin Netanyahou a pourtant affirmé dimanche que Donald Trump avait réitéré « le droit »
d’Israël « à se défendre contre les menaces sur tous les fronts, y compris au Liban ».

