- Le président américain et le Premier ministre israélien auraient eu une conversation tendue, mercredi 20 mai, selon le média Axios.
- Plusieurs semaines après le début de leur guerre contre l’Iran, les deux dirigeants ne partageraient plus le même agenda.
- À l’heure où Donald Trump privilégie des négociations avec Téhéran, son homologue défend une ligne dure envers le régime iranien.
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Moyen-Orient : le détroit d’Ormuz toujours au cœur des négociations
« C’est un homme bien
. » Face aux caméras, Donald Trump a entonné mercredi 20 mai au soir un concert de louange à l’égard de Benyamin Netanyahou. Sauf que, côté coulisses, les tensions entre les deux hommes seraient croissantes, selon Axios. En cause : la guerre contre l’Iran, que l’un souhaite cesser, contrairement à l’autre.
Selon le site d’information américain (nouvelle fenêtre), un coup de fil mercredi entre les deux hommes était particulièrement tendu, le Premier ministre israélien ayant même été « furieux après l’appel
« . La position américaine est selon lui inconcevable. Donald Trump a en effet laissé la porte ouverte à la diplomatie en affirmant « ne pas être pressé »
. « Nous verrons bien ce qui va se passer. Soit nous parviendrons à un accord, soit nous prendrons des mesures un peu plus sévères. Mais j’espère que cela n’arrivera pas
« , a déclaré le locataire de la Maison Blanche aux journalistes.
Benyamin Netanyahou fera ce que je veux
Benyamin Netanyahou fera ce que je veux
Donald Trump
Depuis l’entrée en vigueur d’une fragile trêve le 8 avril après plus d’un mois de guerre, les discussions piétinent, Washington et Téhéran campant sur leurs positions et multipliant les invectives. Une seule vraie séance de négociations, infructueuse, s’est tenue le 11 avril au Pakistan et désormais les tractations se poursuivent en coulisses. Seule certitude : les frappes directes, elles, ont cessé. Le dirigeant américain a indiqué cette semaine qu’il avait été à une heure de donner l’ordre de reprendre les frappes contre l’Iran, mais qu’il avait reporté l’attaque prévue mardi, à la demande des États du Golfe.
Donald Trump l’assure : Benyamin Netanyahou « fera ce que je veux, c’est vraiment quelqu’un de bien pour moi. Si vous voulez mon avis, en Israël il n’est pas traité à sa juste valeur.
» Malgré ces compliments, le principal intéressé serait furieux. Il ne croirait plus aux négociations et voudrait reprendre les frappes. La guerre « a permis d’accomplir beaucoup de choses, mais elle n’est pas finie, car il reste encore des matières nucléaires – de l’uranium enrichi – qui doivent être retirées d’Iran
« , avait-il prévenu le 10 mai, ajoutant qu’il restait également « des sites d’enrichissement à démanteler »
. Interrogé pour savoir comment il comptait « sortir
» l’uranium d’Iran, il a répondu : « On y va et on le sort.
«
Problème : le Premier ministre a besoin du feu vert américain pour reprendre les hostilités. « Netanyahou fait extrêmement attention. Il va éviter encore une fois de fâcher Trump, qui aujourd’hui essaie de canaliser, de contrôler l’énergie et la volonté israélienne d’éventuellement intervenir en Iran sans les Américains
« , a expliqué ce jeudi Peer de Jong, consultant défense et géopolitique pour LCI, dans la vidéo disponible en tête de cet article.
Pour Benyamin Netanyahou, la reprise des bombardements n’est pas seulement vue comme une nécessité sécuritaire. Elle est également politique : depuis le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, l’opposition israélienne fustige un « échec stratégique
» majeur. Raison pour laquelle « Bibi » pourrait subir un revers dans les urnes : le Premier ministre se retrouve dans une position d’équilibriste depuis mercredi après le vote au Parlement, en lecture préalable, d’un projet de loi visant à dissoudre l’assemblée, qui pourrait ouvrir la voie à des législatives anticipées. Ces dernières pourraient avoir lieu d’ici quatre-vingt-dix jours. Le chef du gouvernement serait-il réélu ? Âgé de 76 ans, celui qui a gouverné le pays plus longtemps qu’aucun autre Premier ministre (plus de dix-huit années cumulées depuis 1996) rêve d’un ultime mandat, lui qui est empêtré dans un procès au long cours pour corruption, et dans l’attente d’une grâce présidentielle.

