- Depuis le naufrage du promoteur immobilier Fiducim, basé dans le Nord, des centaines de particuliers attendent depuis des années la livraison de leur appartement.
- Les travaux de 1.200 logements sont interrompus.
- Les investisseurs continuent pourtant de rembourser leur crédit.
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Le 20H
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Un chantier à l’arrêt depuis 2022. Dans un immeuble à Arras (Pas-de-Calais), les travaux de 431 appartements ont été brutalement suspendus (nouvelle fenêtre). En cause : la faillite du promoteur immobilier nordiste Fiducim (nouvelle fenêtre), placé en liquidation judiciaire le 9 juillet dernier, comme le précise La Voix du Nord
(nouvelle fenêtre).
L’un des gérants a fait appel.
« Cet appartement, on aurait dû avoir la remise des clés en décembre 2022 »
, confie, amère, Aline. Elle et son mari, Jean-Luc, ont acheté deux appartements dans l’immeuble, désormais laissé à l’abandon. Ils voulaient les mettre en location pour améliorer leur retraite. Le projet leur avait été présenté par une commerciale.
Si on pouvait revenir en arrière, (…) je ne signerais pas
Si on pouvait revenir en arrière, (…) je ne signerais pas
Aline, propriétaire d’un appartement non livré
« Elle nous a vraiment bien conseillés, en nous disant que c’était une belle affaire. Elle nous a aussi montré tout le plan de financement qu’on pouvait faire pour ce projet »
, explique Jean-Luc. Alors, le couple s’est endetté. Il a emprunté 300.000 euros auprès de sa banque et continue de rembourser les mensualités, sans toucher les loyers espérés.
Aline et Jean-Luc attendent désormais une suspension de leur prêt. Aujourd’hui, leur situation financière est critique. « Si on pouvait revenir en arrière, je reviendrais à ce jour du 8 juin 2022 et je ne signerais pas »
, admet Aline, très émue. Plus de 1.000 victimes seraient dans le même cas.
Des travaux interrompus à Amiens, Megève ou en Polynésie française
Le 20H de TF1 a pu échanger avec une ancienne salariée, qui préfère témoigner anonymement. Elle aussi a investi dans un appartement. « Aujourd’hui, j’ai des clients qui pensent pertinemment que c’est moi qui les ai mis dans la misère. Pensez-vous que j’aurais acheté chez Fiducim si j’avais su que mon immeuble ne serait jamais construit ? Jamais, je vous assure »
, souligne-t-elle.
À Amiens (Somme), Villepinte (Seine-Saint-Denis), Megève (Haute-Savoie), Toulon (Var) et jusqu’en Polynésie française, les travaux de 1.200 logements sont interrompus. Mais pourront-ils reprendre ? Les investisseurs recevront-ils un jour les clés de leurs appartements ? « A priori, les acquéreurs pourront
in fine être livrés. Ensuite, le délai, c’est une tout autre histoire, parce qu’il y a une phase préalable d’audit qui est extrêmement longue en général »
, prévient Me Thomas Chaboureau, avocat de victimes au barreau de Paris, spécialisé en droit immobilier et en assurance.
Sollicités par TF1 par l’intermédiaire de leur avocat, les gérants de la société Fiducim n’ont pas souhaité s’exprimer.

