• Plusieurs professeurs ont été les cibles de violences lors du mouvement de blocus des lycées.
  • Thierry Laurent, professeur de physique-chimie à La Ciotat, a notamment été aspergé d’essence vendredi.
  • Ce dimanche, l’enseignant appelle au calme et continue de soutenir les élèves de son établissement.

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Des enseignants visés. Depuis les premiers blocages aux abords de lycées en France, « 78 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés », a annoncé ce dimanche 4 octobre le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray. Thierry Laurent fait partie de ces enseignants blessés. Ce professeur de physique-chimie au lycée de la Méditerranée, à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), a été aspergé d’essence, puis frappé vendredi, comme on peut le voir sur des images diffusées dans le reportage du 20H visible en tête de cet article.

« La violence ne pourra s’éteindre que s’il y a dialogue »

Malgré cet incident, si la mobilisation reprend devant son lycée, il se tiendra auprès de ses élèves, devant les grilles. « Avec quelques collègues, on était toujours dehors pour créer le dialogue, parce que je pense que c’est indispensable. Et le plus souvent, ça apaise même ceux qui commencent à s’exciter, ça leur montre qu’on est là », confie Thierry Laurent au micro de TF1. Comme le précise l’AFP, le professeur intervenait pour empêcher un début d’incendie au pied d’un arbre devant l’établissement lorsqu’il a été aspergé d’essence.

« En tant qu’enseignants, nous sommes des représentants de la République, et la République ne doit vraiment pas reculer devant la violence. Je pense qu’elle ne pourra s’éteindre durablement que s’il y a dialogue », ajoute le professeur. Un adolescent de 16 ans a été interpellé ce dimanche matin et placé en garde à vue dans l’enquête sur l’agression de Thierry Laurent, lequel a porté plainte. Le parquet de Marseille a annoncé que l’adolescent était inscrit au sein du lycée Méditerranée. 

Plusieurs blessés en Essonne

Cyril Coupaud, proviseur du lycée Parc des Loges à Évry-Courcouronnes, dans l’Essonne, et secrétaire académique de Versailles du syndicat SNPDEN-UNSA, veut, quant à lui, éviter tout rassemblement. La mobilisation lycéenne a dégénéré jeudi dernier et a fait plusieurs blessés. Le chef d’établissement est même visé personnellement sur les réseaux sociaux. « C’est une affiche qui me caricature en diable et en vampire », explique-t-il, affichant sur son smartphone une image qui semble avoir été créée avec l’intelligence artificielle. 

Le proviseur a décidé de suspendre les cours lundi pour apaiser la situation. « L’idée, quand même, c’est bien de protéger cette jeunesse et d’encourager les parents à garder leurs enfants à la maison pour que leurs enfants ne traînent pas dehors et ne soient pas exposés à la violence des autres », souligne Cyril Coupaud.

Trouver « d’autres voies d’actions que le blocage »

Philippe Minzière, proviseur du lycée Ambroise Paré, à Laval (Mayenne), a de son côté un style très personnel. Sur une vidéo très partagée sur la toile, on le voit, en costume, se prêtant au jeu de la battle d’aura, soit un concours de charisme, phénomène très en vogue sur les réseaux sociaux. 

« Pour ma part, me mettre au niveau d’écoute d’un jeune, c’est au contraire une forme de solution pour qu’on avance avec eux », affirme-t-il, avant d’ajouter avoir « proposé, mercredi après-midi, de les rencontrer pour qu’ils [lui] fassent un courrier à la préfète, au directeur académique et au recteur ». « Je ne veux pas les aider à écrire, mais je veux leur permettre de trouver d’autres voies d’action que le blocage d’un lycée », précise Philippe Minzière. La principale fédération de parents d’élèves, de son côté, appelle à manifester avec les lycéens mardi 6 octobre pour éviter, notamment, dit-elle, tout débordement et violences policières.

La rédaction de TF1info | Reportage : Marine BROSSARD, Mathieu PERROT et Bruno POIZEUIL

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