Devant son diabolo menthe servi dans un café proche de l’Assemblée nationale, le député s’interrompt d’un coup. Il tend l’oreille avant de chuchoter : « C’est bien ça… elles parlent de Depardieu… » Attablées derrière lui, quatre femmes, la soixantaine, commentent le dernier jour du procès de l’acteur, accusé d’agressions sexuelles lors du tournage d’un film en 2021. Leurs propos ne sont pas tous audibles, mais elles répètent ce que l’avocat de Gérard Depardieu, Me Jérémie Assous, a asséné durant quatre jours d’audience : tout ça pour ça ?
Erwan Balanant n’en revient pas. « Est-ce que je dois aller leur parler ? », hésite-t-il en regardant sa montre. Son train part bientôt, la conversation n’aura pas lieu. Qu’aurait-il pu leur dire ? Ce jeudi 27 mars, le député (MoDem) du Finistère les aurait informées de ce qu’il a appris ces derniers mois : le cinéma peut être « une machine à broyer les femmes ». De novembre à début avril, il a été le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, de la mode, de la publicité et du spectacle vivant, dite parfois « commission MeToo » ou « commission Godrèche ».
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