- Lucie Langlais-Vignon promène son spectacle de prévention « Pas touche minouche ! » dans les écoles et centres de loisirs pour apprendre aux jeunes enfants à identifier les situations d’agressions sexuelles et à en parler.
- Depuis trois ans, la comédienne a sensibilisé 5.000 enfants avec des histoires mettant en scène des personnages et des situations du quotidien, et ce message essentiel : « se confier à un adulte de confiance en cas d’agression ».
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Le 20H
À travers les histoires des personnages qu’elle a inventés, comme Oursinette ou Canetor, Lucie Langlais-Vignon aborde avec des enfants de 3 à 6 ans des situations d’agression sexuelle. Dans ses récits, elle met en scène un professeur de sport ou un oncle pour illustrer des comportements inappropriés. Son approche s’appuie sur une réalité : 90% des agressions sexuelles se passent dans le cercle proche de l’enfant.
L’autrice elle-même a été confrontée à une situation d’agression lorsqu’elle avait 10 ans. Un ami de son père qui la ramenait en voiture lui a caressé la cuisse. Elle se souvient précisément de ce moment : « Nos regards se sont croisés à ce moment-là et j’ai vu qu’il avait lu dans mes yeux que je savais qu’il n’avait pas le droit de faire ce qu’il était en train de faire, et il s’est arrêté »,
se rappelle la conceptrice du spectacle de prévention sur le respect de son corps « Pas touche minouche ! » .
Apprendre à identifier et nommer les émotions
Durant ses interventions, Lucie apprend aux enfants à identifier leurs émotions face à des situations inappropriées. Les petits écoliers savent ainsi reconnaître la colère et la tristesse que peut ressentir un personnage victime d’agression. Ils apprennent également à comprendre qu’il est interdit à un adulte de toucher aux parties intimes.
Le message essentiel transmis par Lucie est, aussi et surtout, la nécessité de se confier à un adulte de confiance en cas d’agression. Les animatrices de l’école Richomme dans le 18ᵉ arrondissement où nous l’avons rencontrée se disent réconfortées de savoir que les enfants viendront plus facilement vers elles pour s’exprimer s’ils font face à ce genre de situation. « Ça nous réconforte en tant qu’adultes professionnels de savoir que les enfants viendront plus vers nous pour s’exprimer si jamais ils font face à ce genre de situation »
, encourage Estelle Souhone Louka. « Voilà, il faut parler »
, renchérit sa collègue Aminata Konde dite Dreyfus.
Les enfants ont parfaitement intégré la leçon et la comptine « Pas touche minouche, c’est mon intimité, pas touche minouche, tu dois la respecter », qu’ils reprennent en chœur. Un refrain mais surtout un véritable outil de prévention, un superpouvoir qu’ils peuvent à leur tour transmettre à leurs camarades. Pour Lucie, savoir c’est pouvoir dire non.









