- L’Internet Watch Foundation (IWF), une organisation qui surveille les contenus pédopornographiques à l’échelle mondiale, constate une forte hausse des contenus d’abus sexuels sur mineurs générés par l’IA.
- Une majorité des images épinglées mettent en scène des enfants de moins de 10 ans.
- Face à ce phénomène, l’IWF appelle l’Union européenne à renforcer son cadre juridique pour les « repérer et (les) supprimer » plus rapidement.
Suivez la couverture complète
L’intelligence artificielle, cette technologie qui bouleverse nos vies
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
L’Internet Watch Foundation (IWF) tire la sonnette d’alarme sur l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle pour créer des contenus pédocriminels. « Entre le 1ᵉʳ janvier et le 30 juin de cette année, les analystes de l’IWF ont évalué 6.310 images générées par IA qui répondaient à la définition légale d’abus sexuel sur mineur »
, affirme l’organisation britannique, dans une étude publiée lundi 5 octobre. « Ce chiffre est supérieur de 40 % à celui enregistré sur l’ensemble de l’année 2025, au cours de laquelle les analystes avaient identifié 4.512 images »
, ajoute-t-elle. Une très large majorité de ces créations (98%) mettent en scène des filles.
Le constat est encore plus préoccupant en regardant de plus près l’âge des enfants représentés. Ainsi, 2.369 images représentaient des enfants âgés de 11 à 13 ans, 2.534 âgés de 7 à 10 ans. Plus de 20% des contenus détectés concernaient des enfants encore plus jeunes (1.004 ayant 3 à 6 ans), voire des bébés (190 ayant moins de 2 ans). « Il est extrêmement préoccupant de constater à quelle vitesse les images d’abus sexuels sur mineurs générées par l’IA continuent de se multiplier et de se propager en ligne »
, commente Kerry Smith, la directrice générale de l’IWF.
Renforcer la lutte contre ces contenus d’un genre nouveau
À son échelle, l’association caritative indépendante à but non lucratif tente d’enrayer ce flot de productions pédocriminelles générées par l’IA. Pour cela, elle pratique le « hachage »,
c’est-à-dire la conversion des images à caractère criminel confirmées en empreintes numériques uniques. Ces dernières sont ensuite partagées avec les plateformes et/ou les forces de l’ordre et bloquées automatiquement. Problème, cette technique ne bloque donc que des contenus problématiques préalablement identifiés.
Dans ce contexte, l’IWF appelle à renforcer le cadre juridique actuel, notamment dans l’UE (où 63% des contenus ont été épinglés), afin de « répondre de manière significative à l’ampleur du défi »
. L’organisation appelle notamment à développer des systèmes pour identifier plus rapidement les nouveaux contenus, ce qui permettrait de les supprimer plus rapidement. Dans le meilleur des cas, il est aussi préconisé d’agir en amont, et de faire en sorte que ce genre d’images ne puisse pas être généré par l’intelligence artificielle.
« Si l’Europe souhaite réellement protéger les enfants, elle a besoin d’un règlement complet sur les abus sexuels sur mineurs qui offre aux plateformes la sécurité juridique nécessaire pour détecter, prévenir et lutter contre les contenus connus et inconnus liés à ces abus »
, martèle Kerry Smith. « À une époque où la technologie facilite plus que jamais la création et la diffusion à grande échelle d’images et de vidéos pédopornographiques, l’Europe ne peut se permettre de tarder »
, ajoute-t-elle.
En juin 2026, « la présidence du Conseil européen et les représentants du Parlement européen sont parvenus à un accord provisoire sur l’actualisation des règles de droit pénal de l’UE relatives aux abus sexuels commis contre des enfants et à l’exploitation sexuelle d’enfants »,
est-il rappelé dans un communiqué.
Cette directive comporte notamment des dispositions relatives au consentement, à l’élargissement de certaines infractions pénales, à l’allongement des délais de prescription ou encore à l’alourdissement des sanctions. Mais pour entrer en vigueur, elle doit encore recevoir le feu vert définitif du Conseil européen et du Parlement.