Face à la menace russe, l’OTAN s’entraîne à un débarquement sur la côte Baltique
Environ 3 000 soldats de l’OTAN se sont livrés, mercredi, à un vaste exercice de débarquement dans le nord de l’Allemagne, en pleine tension avec la Russie. Des soldats de la marine et des forces spéciales turques et espagnoles se sont entraînés à prendre le contrôle de la plage de Putlos, sous le regard du ministre de la défense allemand, Boris Pistorius. « C’est précisément en mer Baltique que la situation sécuritaire s’est dramatiquement aggravée », dans un contexte de « menaces hybrides » russes, a-t-il déclaré.
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, cette zone maritime stratégique est de plus en plus ciblée par des sabotages, des cyberattaques et des opérations de déstabilisation imputées par les Occidentaux à la Russie.
L’exercice du jour montre que l’OTAN est « unie », « opérationnelle » et « sérieuse » en matière de dissuasion, a souligné le ministre. Cela a aussi des effets « diplomatiques », alors que la Russie « tourne d’avantage ses forces armées vers l’ouest », a estimé l’inspecteur général de la Bundeswehr, Carsten Breuer.
L’objectif de ce débarquement est de déployer le plus rapidement possible des troupes sur le territoire de l’alliance militaire. Car, en cas d’urgence, la force de réaction de l’OTAN doit pouvoir mobiliser 40 000 soldats en l’espace de dix jours.
L’exercice de Putlos s’inscrit dans une large manœuvre de l’alliance militaire de janvier à mars, avec environ 10 000 soldats issus de 11 pays de l’OTAN. Aucun soldat américain ne participe aux exercices de la manœuvre, ce qui s’explique par la « rotation habituelle » entre alliés, assure M. Pistorius. D’après le ministre, cela n’a rien à voir avec le refroidissement actuel des liens transatlantiques, sur fond de tensions géopolitiques, notamment au sujet du Groenland.
Mercredi à Putlos, 15 navires ont été déployés, selon l’OTAN, et deux Eurofighter de la Bundeswehr, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) sur place. Cinq plongeurs de combat et huit chars amphibies ont émergé de la mer Baltique pour rejoindre la côte, soutenus par des hélicoptères.







