Une phrase de la « stratégie de sécurité nationale » publiée en décembre par l’administration des Etats-Unis aurait dû attirer l’attention de ceux qui continuaient de voir Donald Trump par le prisme de ses critiques contre l’invasion américaine de l’Irak, en 2003. « L’influence démesurée des nations plus grandes, plus riches et plus puissantes est une vérité intemporelle des relations internationales », était-il écrit.
Cette « influence démesurée » explique pourquoi Washington a pris la décision du coup de force, bien évidemment contraire à tous les principes du droit international, qui s’est soldé par la capture de celui qui fut pendant plus d’une décennie l’homme fort de Caracas, Nicolas Maduro, au prix d’un effondrement dramatique du pays. Et pourquoi Donald Trump a annoncé son intention de prendre directement le contrôle du Venezuela, pour une période indéterminée.
La contradiction entre le contempteur des changements de régime par la force, moteurs de « guerres sans fin » qui ont détourné les Etats-Unis de leurs concitoyens, et le président célébrant comme une victoire américaine l’enlèvement de l’héritier du chavisme n’est qu’apparente. Elle est en fait gommée par la géographie et par la définition que Donald Trump donne de « l’Amérique d’abord » (« America first »), son dogme depuis son entrée en politique.
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