Valery Gergiev en rêve : un concert à Paris. Le chef d’orchestre russe, proche du Kremlin, veut revenir en France. « Pour un concert en l’honneur du jubilé de Debussy, en 2027. La culture est ce point de départ vers la normalisation de nos relations », confiait au Monde, le 17 février, Alexeï Mechkov, ambassadeur de Russie en France.
Le maestro de 72 ans, tsar de l’élite culturelle du président Vladimir Poutine, aspire à retrouver les scènes européennes, avec le soutien de la diplomatie russe et l’aide d’agents musicaux européens. Le 165e anniversaire de la naissance de Claude Debussy pourrait en être l’occasion. Un prétexte musical pour un événement très politique.
Dès le 24 février 2022, alors qu’il enchaînait depuis vingt ans les contrats en Europe et aux Etats-Unis, Valery Gergiev y a été sommé de dénoncer l’« opération militaire spéciale » de la Russie contre l’Ukraine. Refus. A la présidentielle de 2012, il avait ouvertement soutenu son ami Poutine.
En 2014, il avait signé une lettre en faveur de l’annexion de la Crimée. En 2016, il s’était affiché avec son orchestre à Palmyre, ville syrienne reprise par les forces de Bachar Al-Assad grâce à l’armée russe. En 2022, ses positions passées et son silence sur la guerre lui ont valu d’être banni des scènes occidentales. Paris, Milan, New York, festivals de Verbier, en Suisse, de Salzbourg, en Autriche… Le front anti-Gergiev semblait uni.
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