- Les cinq candidats à la primaire social-démocrate ont débattu sur LCI, mercredi 23 septembre.
- Ils ont notamment été interrogés sur de possibles alliances avec Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle ou les élections législatives.
- Deux camps se sont affrontés, parfois avec vigueur : ceux qui refusent tout dialogue et ceux qui n’écartent pas un rapprochement, notamment pour faire barrage à l’extrême droite.
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Ils ont débattu pendant plus de trois heures, et c’est sur une possible alliance avec LFI qu’ils ont le plus été en désaccord. Les cinq candidats à la primaire social-démocrate se sont divisés, mercredi 23 septembre, sur une éventuelle alliance avec Jean-Luc Mélenchon et LFI à la présidentielle et aux législatives.
Le député Jérôme Guedj s’en est pris directement et sans détour au Premier secrétaire Olivier Faure, lui reprochant son alliance lors des législatives anticipées de 2024 avec les insoumis, assurant que lui-même « s’en fichait de la survie d’un groupe socialiste »
à l’Assemblée. « Quand on a un problème avec une formation politique et son dirigeant, on en tire les conséquences. On ne dit pas un jour : ‘Il n’y aura plus d’accord avec LFI’ et au moment des élections municipales on regarde ailleurs »
, lui a-t-il dit dans une critique sévère et directe. Le député, ex-proche de Jean-Luc Mélenchon, estime que « si dans le front républicain »
construit pour faire barrage au Rassemblement national « il y a La France insoumise, il ne marchera pas »
.
Arrêtons de cracher sur le reste de la gauche
Arrêtons de cracher sur le reste de la gauche
Olivier Faure
« Il n’y a pas de gauche irréconciliable »
, a rétorqué le patron du PS, également attaqué par le favori de la primaire Raphaël Glucksmann. « Cessez cette obsession avec LFI et occupez-vous de l’extrême droite qui, pour la première fois depuis Vichy, effectivement, peut l’emporter »
, s’est défendu Olivier Faure. Ce dernier a dit vouloir être « logique »
: « nous aurons besoin à un moment dans l’hémicycle de retrouver les forces de gauche »
, avec qui les socialistes votent de nombreux textes. « Si l’un d’entre nous est au second tour de l’élection présidentielle, arrêtons de cracher sur le reste de la gauche. »
L’eurodéputé de Place publique, sur la même ligne que Jérôme Guedj sur ce sujet, a rétorqué en affirmant qu’il ne s’allierait pas aux insoumis. « Il faut être clair et net et le dire maintenant : il n’y aura pas d’alliance avec LFI à la présidentielle et il n’y en aura pas non plus aux législatives »
, a lancé l’eurodéputé, estimant que Jean-Luc Mélenchon ne peut être élu président car « il fait trop peur à trop de monde »
.
Quelles alliances… avec LFI et « les autres forces de gauche » ? Ségolène Royal expose son plan
09:15
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Enfin, Ségolène Royal a également prévenu que cette « obsession contre LFI mettait (le parti de Jean-Luc Mélenchon, ndlr) au centre du jeu »
. « C’est au Parti socialiste de redéfinir la refondation de la gauche et de définir dans quelles conditions on fera accord avec les autres forces de gauche »
, a-t-elle rétorqué en visant directement Raphaël Glucksmann, non-membre du PS mais cofondateur de Place publique.
« L’enjeu d’une élection présidentielle, c’est de faire sortir les abstentionnistes, (…) de faire l’accord avec les autres forces de gauche. » « LFI ne veut pas la gauche, il est hors de question de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon, mais encore faut-il avoir la force de déclencher un mouvement, une adhésion, une conviction, et de rassembler d’abord les militants socialistes »
, a-t-elle estimé.
Emmanuel Maurel a lui pris la parole pour dire sa « gêne »
à l’issue des échanges houleux entre les cinq candidats. « Alors même qu’on a échangé des propositions, (…) on est en train de tomber dans un piège absurde qui est de se définir nous-mêmes par rapport à une autre force politique du camp de la gauche »
, a-t-il déclaré. « C’est une erreur », « je ne voulais pas que ça se termine comme ça », « je suis désolé auprès des Français »
, a-t-il regretté, reconnaissant pourtant lui aussi « un problème avec LFI »
. « En face, s’il y a les fachistes, si on n’est pas capables de se rassembler à gauche, je me pose des questions sur les causes de notre engagement. »