L’Union européenne (UE) a annoncé jeudi 26 mars le lancement d’une enquête contre l’application Snapchat, très utilisée par les adolescents et prisée pour ses messages à caractère éphémère. Elle estime que la plateforme pourrait avoir manqué à ses obligations en matière de protection des mineurs, telles qu’énoncées dans le règlement européen sur les services numériques (DSA)
Bruxelles veut vérifier si le réseau social du groupe américain Snap Inc., qui comptait fin 2025 97 millions d’utilisateurs dans l’UE, dont plus de 28 millions en France, expose ses utilisateurs mineurs à des tentatives de manipulation à des fins sexuelles, ou de recrutement pour des activités criminelles, notamment en permettant à des utilisateurs adultes de se faire passer pour des ados.
La Commission européenne va aussi s’intéresser aux mesures prises par le groupe pour empêcher la vente via sa plateforme de produits illégaux (drogues, armes…), ou dont la vente aux mineurs est interdite dans l’UE, comme l’alcool et les cigarettes électroniques. Elle lui reproche aussi l’absence de dispositif de vérification d’âge, Snapchat se contentant de demander leur âge aux utilisateurs, alors que ses services sont en principe réservés aux plus de 13 ans. Elle trouve aussi ses réglages en matière de confidentialité des données insuffisamment protecteurs.
Eventuelle sanction
« Snapchat ne semble pas avoir compris que le DSA impose des normes de sécurité élevées pour tous les utilisateurs. Grâce à cette enquête, nous allons vérifier de près si cette plateforme respecte bien notre législation », a mis en garde Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne. « La sécurité et le bien-être de tous les utilisateurs sont une priorité, et nos équipes travaillent depuis des années pour les renforcer », a réagi une porte-parole de Snapchat, assurant que l’entreprise allait « coopérer pleinement » tout au long de cette enquête.
Cette procédure pourrait également aboutir à terme à une éventuelle sanction contre Snap Inc., même s’il est trop tôt à ce stade pour en prédire l’issue. Mme Virkkunen a salué en outre la condamnation mercredi d’Instagram et de YouTube, filiales des géants de la tech Meta et Google, dans un procès historique sur l’addiction aux réseaux sociaux aux Etats-Unis. Ce jugement envoie « un message très clair aux plateformes en ligne : elles doivent prendre au sérieux les risques qu’elles font courir », a-t-elle souligné.






