Des hordes d’Irlandais vêtus de vert, arborant chapeaux, trèfles et fausses barbes rousses : chaque année, les images font le tour des médias. La fête de la Saint-Patrick, célébrée mardi 17 mars, est bien plus célèbre que le saint médiéval qui en porte le nom, dont elle commémore la date de la mort. Lors de ce jour, férié en Irlande, des millions de personnes se réunissent dans le pays du trèfle, mais aussi aux Etats-Unis, notamment au sein des parades monumentales organisées à Boston, New York ou Chicago, où la diaspora de l’île d’Emeraude est très présente.
La Saint-Patrick est en outre fêtée dans la plupart des grandes villes du monde : il n’est pas rare de se retrouver entre amis, au minimum afin de boire un verre pour l’occasion – souvent une bière, et souvent une Guinness, la bière emblématique irlandaise. Sur son site, la ville de Paris consacre même une rubrique entière à la manière de rendre hommage à l’évangélisateur de l’Irlande au sein de la capitale française. Mais qui était vraiment saint Patrick ?
L’histoire et la légende de la Saint-Patrick
« Patrick est un cas particulier du Haut Moyen Age en Europe, car il est l’un des rares personnages qui nous a laissé des écrits [la Confession et la Lettre à Coroticus, probablement adressée à un roitelet britannique du Ve siècle], souligne au Monde Gwendoline Lemaître, autrice d’une récente thèse sur les liens entre paganisme et christianisme irlandais au Moyen Age. Ses confidences permettent de faire contrepied aux hagiographies, dont les plus anciennes conservées datent du VIIe siècle. »
Il vous reste 84.04% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.









