- Une chercheuse américaine a étudié le rôle et l’impact qu’a le fait de lire une « histoire du soir » aux enfants.
- En deux semaines, ils sont devenus plus créatifs et empathiques.
- Ils comprennent mieux le point de vue des autres.
Lire une histoire à son enfant fait partie des rituels avant de le mettre au lit. Ce moment de qualité peut aussi les aider à améliorer leurs compétences sociales, assure Erin Clabough, professeure agrégée de psychologie à l’université de Virginie. Elle s’est particulièrement intéressée à l’empathie et à la créativité, qui ne sont pas des compétences innées mais qui se développent avec la pratique.
Dans The Conversation
(nouvelle fenêtre), elle explique avoir utilisé les histoires du soir comme supports pédagogiques pour les aider à développer de l’empathie et à stimuler leur créativité. La chercheuse a ainsi mené une étude avec 38 familles ayant des enfants entre 6 et 8 ans. Pendant deux semaines, les adultes ont lu chaque soir l’un des sept livres illustrés sélectionnés par Erin Clabough. Ces derniers avaient une particularité : ils comportaient une forme de conflit social.
Pour l’étude, la moitié des familles lisait chaque livre sans interruption. L’autre moitié marquait une pause à un moment clé du conflit pour poser deux questions de réflexion. Elles pouvaient porter, par exemple, sur les sentiments du personnage ou sur ce que ferait l’enfant à sa place. Si l’enfant répondait, les parents écoutaient, sinon ils attendaient trente secondes avant de poursuivre la lecture (nouvelle fenêtre).
La lecture permet de construire des circuits neuronaux
Après seulement deux semaines de lecture tous les soirs, les enfants des deux groupes de familles étaient capables de mieux comprendre le point de vue des autres. De plus, les enfants des deux groupes ont progressé en pensée créative. Ceux dont les parents faisaient des pauses durant la lecture ont produit un nombre d’idées créatives plus élevé au total. Toutefois, l’étude n’a pas été menée par rapport à un groupe qui n’avait pas lu d’histoire et les enfants étaient issus de familles aux revenus élevés. En conclusion, la chercheuse rappelle que l’histoire du soir n’est pas seulement un rituel, mais qu’elle permet aussi de construire des circuits neuronaux liés à la compréhension des autres et à la capacité d’imaginer des possibles.
Un moyen d’apprendre de nouveaux mots
Une étude publiée en juin 2025 dans le journal
Early Childhood Education
(nouvelle fenêtre),
avait déjà démontré que les enfants auxquels on lisait régulièrement une histoire du soir amélioraient leur langage et leur vocabulaire en apprenant de nouveaux mots. Cela leur permettait aussi de se préparer à l’apprentissage de la lecture. En voyant les mots et en entendant l’adulte les prononcer, l’enfant s’entraîne à les mémoriser, consciemment ou non. L’histoire du soir est aussi un moment de partage qui renforce la complicité entre le parent et l’enfant.
La lecture, et pas seulement celle que l’on fait pour les enfants, sera mise à l’honneur en France au mois de mars à l’occasion de la cinquième édition du Quart d’heure de lecture national. L’événement organisé par le Centre national du livre avec l’Éducation nationale entend remettre la lecture au coeur de notre quotidien avec pour but de nous donner envie de lire minimum quinze minutes par jour.








