• Organiser des réunions, fêter des anniversaires, résoudre des conflits…
  • Ces tâches quotidiennes invisibles, surnommées glue work, fluidifient le travail d’une équipe.
  • Les femmes endossent cet effort logistique et relationnel pourtant rarement reconnu ni valorisé.

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Avec Elles

Il n’apparaît pas dans les descriptions de poste, les RH ne le valorisent guère pendant les évaluations annuelles ou une demande de promotion. Le glue work (littéralement « travail colle ») passe souvent sous les radars. Cette contribution essentielle au bon fonctionnement d’une équipe consiste à organiser le travail en commun et à favoriser la cohésion entre les membres d’un groupe.

L’experte américaine Tanya Reilly, qui l’a théorisé, le définit comme ces « petites actions qui ne sont pas formellement définies dans une fiche de poste, mais qui sont essentielles à la coordination et à la coopération au sein d’une équipe. » Il peut s’agir d’organiser des réunions, de faire preuve de médiation entre collègues d’un même projet ou de mentorer de manière informelle une personne nouvellement embauchée. Ces tâches, invisibles, visent à créer des liens entre les membres d’une équipe et dépassent parfois le cadre du travail : mise en place de temps de loisirs, d’apéros ou de goûters pour souder et favoriser la camaraderie.

Les femmes assument ce travail invisible

Or, plusieurs études affirment que les femmes assument largement ces tâches invisibles dans leurs entreprises. Elles s’attellent naturellement à ce rôle de soutien et de coordination : empathiques, davantage à l’écoute, elles s’orientent spontanément vers les autres. « Dans des environnements parfois très masculins, beaucoup de femmes s’investissent pour s’intégrer ou éviter d’être perçues comme non-coopératives. Elles pensent parfois que ces contributions renforceront leur image, mais c’est rarement le cas », souligne Vesna Pajovic, recruteuse au Mercato de l’Emploi, interrogée par le site HelloWorkPlace.

Problème : cette charge silencieuse freine leur progression professionnelle et perpétue les stéréotypes et les inégalités. Les femmes disposent de moins de temps pour élaborer leurs projets stratégiques, perdent elles-mêmes en visibilité, s’enferment dans un rôle secondaire tandis que leurs responsables en viennent à sous-estimer leurs compétences relationnelles. Tanya Reilly juge que ces tâches invisibles effectuées par les femmes renforcent le plafond de verre et entretiennent les écarts de carrière.

Pour renverser la table, des experts des ressources humaines recommandent d’intégrer ces tâches à la gestion des compétences ou aux grilles d’évaluation proposées lors des entretiens annuels. Ils invitent les entreprises à former les managers à repérer d’éventuels déséquilibres et à partager ces responsabilités. Rétablir un équilibre entre femmes et hommes dans le partage de ces tâches invisibles réduirait le turnover dans certaines entreprises et favoriserait une culture plus inclusive dans le monde du travail.

Geoffrey LOPES

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