La Cour suprême du Venezuela a ordonné samedi 3 janvier à la vice-présidente du pays, Delcy Rodriguez, d’assurer l’intérim du pouvoir après l’enlèvement du président Nicolas Maduro par les Etats-Unis. Peu de temps après l’opération militaire américaine, cette figure clé du régime Maduro avait exigé la libération du dirigeant socialiste, le qualifiant d’« unique président du Venezuela », avant d’assurer que son pays « ne sera[it] la colonie de personne ».
Donald Trump a pourtant affirmé, lors d’une conférence de presse, que Mme Rodriguez avait dit au secrétaire d’Etat américain Marco Rubio être prête à coopérer avec les Etats-Unis après la capture de Nicolas Maduro.
Agée de 56 ans, Delcy Rodriguez est la fille du guérillero d’extrême gauche Jorge Antonio Rodriguez, fondateur du parti révolutionnaire Liga Socialista dans les années 1970. Son frère, Jorge Rodriguez, est le président de l’Assemblée nationale.
Avocate diplômée de l’Universidad Central de Venezuela, elle a gravi rapidement les échelons politiques au cours de la dernière décennie. Elle a occupé le poste de ministre de la communication et de l’information entre 2013 et 2014, puis celui des affaires étrangères, de 2014 à 2017.
« Tigresse »
En 2017, elle devient présidente de l’Assemblée constituante progouvernementale qui a élargi les pouvoirs de Nicolas Maduro, avant d’être nommée vice-présidente en juin 2018. En 2017, Nicolas Maduro la qualifiait de « tigresse » pour sa défense acharnée du gouvernement socialiste.
Après la réélection contestée de M. Maduro en 2018, Mme Rodriguez fait partie des 11 dignitaires vénézuéliens sanctionnés par l’Union européenne : ces personnalités sont interdites de visas et leurs avoirs dans l’UE sont gelés.
En août 2024, M. Maduro a ajouté le ministère des finances et du pétrole à son portefeuille, où elle a été chargée de gérer l’escalade des sanctions américaines contre le secteur le plus important du pays. Ce poste lui a conféré une influence considérable sur le secteur privé, alors en difficulté.
Quel va être le rôle de Mme Rodriguez dans les semaines à venir, et quelles sont ses marges de manœuvre au Venezuela ? Ces questions restent ouvertes alors que Donald Trump a rapidement déclaré que les Etats-Unis allaient « diriger le pays jusqu’à ce qu’[ils puissent] effectuer une transition sûre, appropriée et judicieuse ».
Le président américain a par ailleurs déjà disqualifié la cheffe de l’opposition et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, comme possible future dirigeante. « Je pense qu’il lui serait très difficile d’être à la tête du pays. Elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect au sein de son pays », a-t-il lancé.
« L’heure de la liberté est arrivée », avait réagi l’opposante après l’annonce de la capture de Nicolas Maduro, estimant que le candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, devait « assumer immédiatement » la présidence. Emmanuel Macron a également appelé à une « transition pacifique et démocratique » menée par M. Gonzalez Urrutia.
Samedi, la Cour suprême du Venezuela n’a pas déclaré M. Maduro définitivement absent, ce qui aurait déclenché une élection présidentielle anticipée sous 30 jours.











