A Nevers, une quadrangulaire évitée, mais une périlleuse triangulaire attend la macronie
Le maire macroniste Denis Thuriot échappe à une quadrangulaire au second tour des municipales à Nevers, après le désistement d’une liste, mais une périlleuse triangulaire l’attend dans cette ville, une des rares détenues par Renaissance.
Amandine Boujlilat, une ancienne adjointe de M. Thuriot devenue dissidente et dont la liste sans étiquette a recueilli 11,25 % au premier tour, a annoncé dans la soirée, dans un communiqué, qu’elle se retirait « pour faire barrage » à Denis Thuriot. Ce désistement, qui évite une quadrangulaire au second tour, avec seulement trois listes finalement présentes, intervient après l’échec des négociations entretenues entre Mme Boujilat et les autres candidats qualifiés.
Plutôt classée à gauche, même si elle n’est pas encartée, cette ex-référente départementale de La République en marche qui a claqué la porte de la macronie, n’a pas donné de consigne de vote. Elle proposait une liste unique d’opposition à M. Thuriot, réunissant droite et gauche.
Mais elle « exigeait de rester tête de liste alors qu’elle n’a recueilli que 11 % », a regretté l’écologiste Wilfrid Séjeau, qui a en conséquence refusé. La liste d’union de la gauche de M. Séjeau a recueilli 30 % des voix au premier tour, talonnant Denis Thuriot (34,49 %), un cadre de Renaissance. « Ça va être serré, mais c’est possible » de battre le maire sortant, a-t-il estimé, croyant encore au retour de la gauche dans la ville anciennement détenue par le premier ministre socialiste, Pierre Bérégovoy.
Xavier Morel, autre ancien adjoint de M. Thuriot à la tête d’une deuxième liste dissidente qui a recueilli 10,86 % au premier tour, a également refusé la proposition de Mme Boujlilat. Il a préféré fusionner avec le candidat Les Républicains (LR) Baptiste Dubost, qui ne s’est pas qualifié pour le second tour après n’avoir recueilli que 8,7 % au premier.
« Oui, Denis Thuriot peut encore être battu », a déclaré M. Morel à l’Agence France-Presse (AFP), assurant que sa liste, classée « divers droite » par la préfecture, restait « sans étiquette ». Cet entrepreneur de 62 ans n’est encarté dans aucun parti. Il a été à l’initiative de la fondation d’un mouvement « apolitique » avec Denis Thuriot dès 2013, qui l’a propulsé à la mairie un an plus tard, mettant fin à quarante-trois ans de gestion socialiste.
M. Thuriot a par la suite rejoint Emmanuel Macron en 2017, faisant de cette ville-préfecture de quelque 33 000 habitants un laboratoire du macronisme et actuellement une des très rares de cette taille à être détenue par le parti présidentiel Renaissance.







