Une association de défense de la santé des enfants a déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris, lundi 26 janvier, pour dénoncer « la carence grave de l’Etat dans la gestion du scandale sanitaire des laits infantiles contaminés ».
Plusieurs industriels, dont les leaders du secteur Nestlé et Danone, ainsi que Lactalis, ont procédé à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays au total, dont la France, depuis décembre 2025, en raison d’un risque de contamination à la céréulide, une toxine produite par des bactéries et qui viendrait, selon les autorités, d’un fournisseur d’ingrédient chinois.
« Un mois de délai pour commencer à retirer les produits et seulement quand les tests montrent qu’il y a assez de toxines dans les produits finis, ce n’est pas ce que j’appelle appliquer le principe de précaution », a déclaré Quentin Guillemain, président de l’Association pour la santé des enfants, à l’Agence France-Presse (AFP).
Cette organisation, anciennement Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS), a été créée en 2017 à cause du scandale du lait infantile Lactalis contaminé aux salmonelles.
Dans sa requête en référé-liberté – une procédure d’urgence enregistrée lundi par le tribunal –, l’association demande notamment à l’Etat d’ordonner sous vingt-quatre heures le rappel de l’ensemble des laits infantiles contenant l’huile riche en acide arachidonique (ARA) produite par l’industriel chinois Cabio Biotech, mis en cause par plusieurs producteurs de laits infantiles.
Nettoyage contrôlé des usines
Le président de l’association rappelle qu’en 2017, lors du scandale sur les salmonelles dans le lait Lactalis, le ministère de l’économie avait suspendu par arrêté la commercialisation et les exportations de plusieurs références de Lactalis, en raison d’un risque de contamination par des salmonelles.
L’association demande non seulement l’interdiction temporaire de mise sur le marché de tout lait infantile contenant l’ARA du fournisseur Cabio Biotech, mais aussi la « suspension immédiate et administrative des chaînes de fabrication des cinq usines concernées » en France, a-t-elle précisé. La requête cite des usines de Lactalis, Danone, Nestlé et Vitagermine. A cette liste pourrait s’ajouter Nutribio, qui a indiqué, lundi à l’AFP, procéder à des rappels à l’étranger.
Sur la base d’études scientifiques, l’association souligne que la bactérie à l’origine de la contamination est très persistante et qu’un nettoyage contrôlé par les autorités doit être effectué dans les usines.
Elle demande aussi des informations transparentes, avec un site consacré à cette question et une enquête pénale sur l’ensemble de l’affaire et pas seulement sur les cas de deux nourrissons, à Bordeaux et à Angers, décédés après avoir consommé du lait Nestlé qui avait fait l’objet de rappels, sans lien établi à ce stade, selon les autorités. L’association requiert aussi qu’une norme européenne soit établie pour encadrer les contrôles et les limites de céréulide dans les produits à destination des nourrissons.
Le ministère de l’agriculture français a indiqué lundi à l’AFP que les autorités sanitaires européennes avaient émis de nouvelles recommandations la semaine dernière et conseillaient aux industriels de procéder à des rappels au-delà de 0,03 microgramme de toxine par kilo de masse corporelle.








