Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) souffre paradoxalement de sa popularité et surtout d’une diffusion souvent hasardeuse. Elle est telle que ses tableaux, et pas les meilleurs, ont servi, entre autres, à illustrer des boîtes de chocolats trop sucrés : de là à considérer son œuvre comme parfois mièvre, il n’y a qu’un pas. Or, le Musée d’Orsay, qui expose Renoir pour la première fois, la révèle très différente, dans deux accrochages : l’un est consacré à ses dessins – une centaine –, sur une idée de Colin B. Bailey, le directeur de la Morgan Library, à New York, qui l’a montré auparavant. L’autre à ses tableaux – une soixantaine –, ceux des vingt premières années de sa carrière. Il rend justice à un artiste qui fut non seulement une des personnalités les plus attachantes du mouvement impressionniste, mais aussi le peintre de la vie moderne et du bonheur populaire.
En effet, contrairement à la plupart de ses confrères nés bourgeois, voire plus dans le cas de Degas, il est fils de petites gens. Son père est tailleur, sa mère couturière. Lui-même est mis dès l’âge de 13 ans en apprentissage dans une fabrique de porcelaine, dont il décore les productions. Et avant de parvenir à intégrer l’Ecole des beaux-arts, en 1861, il a suivi une formation professionnalisante à l’Ecole des arts décoratifs.
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