Symboliquement, c’est un dossier capital, mettant aux prises deux des principaux énergéticiens de France. Le 17 décembre 2025, après plus de deux ans d’appel d’offres, le Conseil de Paris a tranché : il a attribué la future concession du réseau de chaleur de la capitale à une filiale à 100 % d’EDF, Dalkia, dans le cadre d’un consortium avec Eiffage et RATP Solutions Ville. Pas un petit contrat : une concession d’un quart de siècle à partir de 2027, pour une valeur estimée à 15 milliards d’euros.
Mais voilà, Engie (ex-GDF) entend bien contre-attaquer, avec l’espoir de suspendre cette attribution, pour conserver ce réseau géré jusque-là par l’une de ses filiales, la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), opératrice historique depuis… 1927. Contacté lundi 26 janvier, le groupe déclare « avoir déposé », en toute fin de semaine dernière, « plusieurs recours devant le tribunal administratif de Paris » visant à l’annulation du contrat remporté par Dalkia.
Les recours mettent en cause des éléments de procédure, mais aussi un point-clé : Engie estime que la délibération des conseillers de Paris n’a pas suffisamment tenu compte de différences financières entre son dossier et celui de Dalkia. Notamment sur la question du dépôt de garantie que devra apporter la Ville de Paris. L’offre de Dalkia nécessiterait une importante contribution de la puissance publique, avec un dépôt de l’ordre de 2 milliards d’euros, là où celle de son concurrent supposerait plutôt un montant de 250 millions d’euros. Contacté, le tribunal administratif de Paris n’a pas détaillé les termes des recours. Pas plus qu’Engie. Dalkia, de son côté, s’abstient de tout commentaire.
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