- Premier pays à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, l’Australie tire un premier bilan trois mois après.
- Conçue pour lutter contre le cyberharcèlement, cette loi n’a pas permis, pour l’instant, d’endiguer l’utilisation des plateformes telles qu’Instagram ou TikTok, toujours largement en tête des classements et des téléchargements.
La mesure était censée freiner l’accès des réseaux sociaux aux adolescents. En janvier 2026, l’Australie est devenue le premier pays à interdire l’utilisation d’Instagram, TikTok ou encore Snapchat aux moins de 16 ans pour les protéger d’effets nocifs sur leur santé mentale.
Le premier point d’étape après trois mois est plutôt contrasté. Selon le gouvernement australien, les plateformes sociales « dominaient toujours les classements et les téléchargements dans les magasins d’applications
» un mois après l’entrée en vigueur de l’interdiction. Par ailleurs, les utilisateurs ayant testé d’autres applications non concernées par la prohibition sont « largement revenus vers les plateformes majeures et établies
« .
Un autre document souligne néanmoins la difficulté de tirer des conclusions définitives à partir des données sur les téléchargements si peu de temps après l’interdiction, bien qu’elles fournissent « des indicateurs précoces permettant de déterminer si une application gagne en popularité
« .
La poursuite de l’analyse permettra de tirer des conclusions plus robustes
La poursuite de l’analyse permettra de tirer des conclusions plus robustes
Commission eSafety
Cette mesure inédite dans le monde au moment de sa mise en application a été motivée par une volonté de lutte contre le cyberharcèlement. Le rapport met en avant l’augmentation d’un quart des plaintes – majoritairement venues de TikTok – entre janvier 2025 et janvier 2026. « La poursuite de l’analyse, à mesure que d’autres données seront disponibles, permettra de tirer des conclusions plus robustes et fondées sur des preuves concernant les tendances à long terme (…) et les impacts (d’un âge minimum pour les réseaux sociaux)
« , a déclaré la commission eSafety dans un communiqué.
Rappelons qu’aucune sanction n’est prévue pour les adolescents tentant d’accéder à l’un de ces réseaux sociaux, ni pour leurs parents ou tuteurs. Toutefois, les plateformes sociales peuvent être sanctionnées – jusqu’à 50 millions de dollars australiens – si elles ne prennent pas les mesures adéquates pour respecter la loi. Trois mois après l’instauration, ce sont au total plus de cinq millions de comptes appartenant à des utilisateurs australiens mineurs qui ont été supprimés.
La France et d’autres pays dans le sillage de l’Australie
Malgré ces premiers résultats mitigés, l’Australie en a inspiré plus d’un. La Nouvelle-Zélande, mais aussi le Royaume-Uni, la Norvège et Israël ont rencontré des responsables australiens après avoir manifesté leur « intérêt
» pour cette interdiction. L’Indonésie a déjà franchi le pas et la France devrait suivre en septembre. L’Union européenne a quant à elle durci ses mesures pour renforcer la protection des enfants et des adolescents en ligne en épinglant Snapchat, et plus récemment Meta, les accusant de laisser les moins de 13 ans accéder à leurs plateformes.
L’Australie est en pointe dans la lutte pour la protection des mineurs. La semaine dernière, la même commission avait mis en demeure plusieurs plateformes de jeux en ligne comme Fortnite ou Roblox pour des comportements d' »adultes prédateurs
» qui manipuleraient les enfants à travers des discours « terroristes
» et « violents
« . Elles devront démontrer devant le régulateur australien qu’elles identifient et éliminent les éléments dangereux.









