- Une discothèque de Canterbury est au cœur de l’enquête sanitaire après plusieurs cas de méningite dans le sud-est de l’Angleterre.
- Vingt infections et deux morts ont déjà été recensés, alors que des milliers de personnes sont potentiellement exposées.
- De leur côté, les autorités appellent en urgence les clients à se faire connaître pour recevoir un traitement.
L’Angleterre est frappée d’une épidémie de méningite (nouvelle fenêtre) « sans précédent »
, a déclaré ce mardi 17 mars au Parlement le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting. Et pour cause : selon les derniers chiffres du bilan publié par les autorités, 20 cas, tous des jeunes adultes, ont été signalés ces derniers jours. Pour l’heure, deux décès ont été confirmés, une lycéenne de 18 ans et un étudiant de 21 ans. Mais comment une telle situation a-t-elle pu se produire, dans un pays qui ne compte que 350 cas en moyenne par an ?
Il faut pour le comprendre remonter aux 5, 6 et 7 mars derniers. Ces trois nuits-là, environ 2.000 personnes fréquentent une discothèque (nouvelle fenêtre) très prisée des étudiants, le « Club Chemistry », située à Canterbury, au sud-est du pays. Quelques jours plus tard, les premiers cas apparaissent. En remontant leurs contacts, les autorités identifient rapidement un point commun : la majorité des personnes touchées étaient passées par cet établissement, dont un membre du personnel figure même parmi les cas confirmés.
Une boîte très fréquentée par les étudiants
« Nos investigations ont identifié que certains cas s’étaient rendus au ‘Club Chemistry’ (…) il est important que toute personne ayant fréquenté le club entre le 5 et le 7 mars se manifeste »
, a expliqué Trish Mannes, responsable régionale de l’agence sanitaire britannique, citée par NDTV (nouvelle fenêtre) News.
Très fréquenté par les étudiants de l’université du Kent et de Canterbury Christ Church, le lieu est considéré comme l’un des principaux points de sortie de la ville, avec de nombreuses soirées à thème et DJ sets. Toujours selon NDTV News, le club se présente lui-même comme « la discothèque emblématique de Canterbury »
, mettant en avant « un environnement fun, inclusif et sûr »
.
Ce qui nous inquiète, c’est la rapidité et l’ampleur de la propagation de la maladie
Ce qui nous inquiète, c’est la rapidité et l’ampleur de la propagation de la maladie
Wes Streeting, ministre de la Santé britannique
Or, la méningite bactérienne se transmet par des contacts rapprochés, notamment via la salive. Dans un lieu clos, bondé, où les interactions sont nombreuses, le risque de diffusion est plus élevé. Et c’est bel et bien cette promiscuité qui alarme les autorités. « Ce qui nous inquiète (…) c’est la rapidité et l’ampleur de la propagation de la maladie, c’est sans précédent »
, a ainsi déploré le ministre de la Santé Wes Streeting sur la BBC (nouvelle fenêtre).
5.000 étudiants vont être vaccinés
Face à la situation, les autorités tentent d’adapter leur stratégie en visant en premier lieu les étudiants de la région. Au total, 2.500 doses d’antibiotiques (nouvelle fenêtre), traitement « le plus efficace pour limiter la propagation »
, selon l’UKHSA, l’agence sanitaire britannique, ont déjà été administrées. Un programme de près de 5.000 vaccinations va également être mis en place « dans un premier temps »
pour les étudiants logés dans les résidences universitaires du campus de Canterbury de l’université du Kent.
Depuis l’apparition des premiers cas, le « Club Chemistry » a fermé temporairement ses portes. Sa gérante, Louise Jones-Roberts, s’est même dite « dévastée pour les familles affectées »
, déclarant à la télévision britannique espérer que « les gens connaissent les symptômes et qu’aucune autre vie ne soit perdue »
. Pour l’heure, des analyses sont encore en cours pour déterminer si une souche particulière du méningocoque est en cause et comprendre les raisons d’une telle propagation.










