- Le séisme qui a frappé le Japon lundi n’a pas fait beaucoup de dégâts, mais devrait être suivi de plusieurs répliques cette semaine.
- Les autorités japonaises alertent sur un risque accru de mégaséisme.
- Pour TF1info, le sismologue Yann Klinger analyse le tremblement de terre et ses éventuelles suites.
Le puissant séisme qui a frappé le nord du Japon lundi a fait au moins six blessés, mais aucun dégât grave n’a été signalé, ont annoncé mardi les autorités nippones. L’Agence météorologique japonaise (JMA) a publié un « avis spécial »
mettant en garde contre un risque accru de mégaséisme, une secousse d’une magnitude égale ou supérieure à 8,0.
La JMA appelle également à la vigilance face aux répliques “pendant environ une semaine”
et explique que celles-ci sont “susceptibles de provoquer des secousses encore plus fortes”.
« La probabilité qu’un nouveau et puissant séisme majeur se produise (…) est considérée comme relativement plus élevée qu’en temps normal »
, a-t-elle indiqué. « Si un séisme majeur devait se produire, il est possible qu’un tsunami massif atteigne le littoral ou que de fortes secousses surviennent »
, a poursuivi l’agence. Le gouvernement nippon estime qu’un séisme dans la fosse de Nankai, suivi d’un tsunami, pourrait tuer jusqu’à 298.000 personnes et causer jusqu’à 2.000 milliards de dollars de dégâts.
Alors que 20% des séismes de magnitude supérieure à 6 surviennent au Japon, le sismologue Yann Klinger, directeur de recherche au CNRS, fait, pour TF1info, la lumière sur la situation sismique actuelle dans l’archipel.
La JMA avait alerté sur des vagues pouvant atteindre jusqu’à 3 mètres, mais une vague de 80 cm a finalement été observée. Comment expliquer cet écart ?
L’agence météorologique localise et repère un séisme de magnitude importante en mer, pas très profond. Potentiellement, ça peut générer une vague. Comme le temps de trajet de la vague est très court pour aller sur les côtes du Japon, on émet l’alerte tout de suite, quitte à dire ensuite : « Maintenant qu’on a plus de données, on peut réajuster notre prévision. »
Il faut voir que finalement, les vagues qui vont générer le tsunami dans l’océan se déplacent à peu près à la vitesse d’un avion, à plusieurs centaines de kilomètres-heure.
Mais il faut quand même toujours se souvenir qu’un tsunami, ce n’est pas comme une vague à la plage. Un tsunami, c’est plutôt une submersion. C’est comme si vous aviez une inondation : toute la mer avance à l’intérieur de la terre. Si c’est 80 centimètres qui se déplacent, c’est déjà énorme, ça génère un courant, ça transporte les choses. Ce n’est pas juste une petite vague, même de 80 centimètres de haut.
Pourquoi le Japon doit-il craindre des répliques suite au séisme du 20 avril ?
Lors d’un séisme, un petit bout de cette grande zone d’interface entre les deux plaques continentales, la Pacifique et l’Eurasie, se casse. Cela signifie que, sur une petite surface, il y a eu des déplacements importants. Mais les bords de la surface n’ont pas bougé, parce qu’ils ont résisté, et finalement cela a créé des tensions, des forces. Une partie de ces forces va être libérée sous forme de répliques dans les prochains temps. Ce sont des petits tremblements de terre qui vont essayer de re-répartir les aspérités de force, pour lisser un petit peu les affaires. Les plus fortes généralement arrivent assez rapidement après le tremblement de terre.
Pourquoi les autorités évoquent-elles un possible méga-séisme ?
On ne peut pas exclure que le séisme de lundi soit un précurseur de quelque chose de plus grand. Le meilleur exemple qu’on ait, c’est le séisme de Tōhoku en 2011, aussi appelé le séisme de Fukushima. C’était un séisme de magnitude 9.1 et il a été précédé, un ou deux jours avant, par un séisme d’une magnitude de l’ordre de 7.2. On s’en est aperçu a posteriori. On ne sait pas prédire l’occurrence des tremblements de terre, c’est très important de le rappeler.
Dans cette zone du Nord du Japon touchée hier, quelque part, il n’y a pas de raison qu’on ait de nouveau un monstre comme celui de 2011. Par contre, dans le sud du Japon, autour de la faille de Nankai, dans la région entre Hokkaido et Tokyo, on sait qu’on a des séquences de séismes en général par paire, avec des paires de séismes de magnitude 8. Comme il s’agit d’une zone très peuplée avec Tokyo et Hokkaido, c’est toujours un drame.









