Un rapport publié par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan le 9 février souligne l’intensité de la concurrence chinoise à laquelle est soumise l’industrie européenne. Si le diagnostic fait consensus, la proposition principale du document, qui est de taxer toutes les importations en provenance de Chine à 30 %, s’avère problématique. En effet, le diagnostic d’une concurrence chinoise féroce sur les véhicules électriques, les batteries, la chimie, les machines-outils est aujourd’hui largement partagé. Le sujet doit être pris très au sérieux et il est important d’avoir un débat exigeant sur ce thème majeur.
L’analyse systématique des données de commerce révèle notamment un rapprochement de la structure des exportations de la Chine et de l’Union européenne (UE), qui se traduit par une concurrence accrue sur les marchés internationaux, que la faiblesse du yuan amplifie. Est-ce que pour autant la Chine écrase toute l’industrie européenne ? Ce n’est pas ce que suggèrent les données récentes. L’excédent commercial annuel des biens de l’UE affiche 381 milliards d’euros au troisième trimestre 2025, contre 367 milliards à la même période en 2024. Et ce malgré près de 1 000 milliards d’excédents commerciaux chinois en 2025. Aujourd’hui, l’enjeu du choc chinois est donc d’abord sectoriel.
Mais c’est surtout la solution préconisée qui mérite d’être discutée : 30 % de droits de douane sur toutes les importations chinoises. Ces droits sont un outil légitime de défense commerciale, utiles, par exemple, en complément d’une politique industrielle ciblée sur des secteurs stratégiques. Mais un protectionnisme indiscriminé sur tous les produits ne constitue pas une politique industrielle ou de compétitivité pour l’industrie européenne.
Si cette solution rappelle celle appliquée par Donald Trump, ce n’est pas une coïncidence. L’augmentation indiscriminée des droits de douane est exactement ce que le président des Etats-Unis a proposé dès son premier mandat. Jusqu’à la justification avancée par les auteurs du rapport, celle de l’exception de sécurité nationale prévue dans les textes de l’Organisation mondiale du commerce, justification qui avait tant fait réagir les Européens en 2018, lorsque Trump l’avait utilisée pour leur imposer des droits de douane sur l’acier et l’aluminium.
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